samedi 5 décembre 2015

Irak-Syrie : la rivalité entre le PYD et le PDK

Irak-Syrie: la rivalité des frères ennemis kurdes

Par Catherine Gouëset, publié le 02/12/2015 à 17:12 
En dépit de la solidarité affichée par les Kurdes dans la défense de leur cause et dans la lutte contre leur pire ennemi du moment, l'EI, de sérieuses tensions divisent les mouvements Kurdes de Turquie, d'Irak et de Syrie.

Courtisés par les grandes puissances et considérés comme les alliés les plus fiables pour la lutte contre Daech, les Kurdes n'échappent pas aux tensions fratricides, dans une région secouée par les violences. Officiellement, le Gouvernement Régional du Kurdistan d'Irak (KRG) et le Parti de l'union démocratique (PYD) syrien affichent une solidarité sans faille face à la barbarie du groupe Etat islamique (EI). "Ils ont coopéré lors des batailles menées pour reprendre Kobané (Syrie) et Sinjar (Irak)", explique à L'Express Jordi Tejel Gorgas, professeur à l'institut de hautes études internationales et du développement (IHEID, Genève). Mais dans les faits, ils sont en compétition. 

>> Lire aussi: Les Kurdes font (presque) l'unanimité dans la lutte contre Daech
Des lignes rivales liées à leurs parrains respectifs

"Les deux entités sont sur des lignes rivales alimentées par leurs principaux 'parrains' et partenaires respectifs, ajoute le chercheur: Russie, régime syrien et Iran pour le PYD syrien, Etats-Unis et Turquie pour le PDK irakien, le parti du dirigeant du gouvernement régional kurde, Massoud Barzani".

Le PDK se méfie des velléités d'expansion du PYD dans le Kurdistan irakien, où il est venu en aide aux peshmergas débordés face aux exactions de Daech contre les Kurdes yézidis. A l'inverse, le PYD syrien, qui exerce désormais un pouvoir exclusif dans le "Rojava" (Kurdistan oriental), s'oppose à l'influence du KRG sur la scène kurde de Syrie. Il aurait, par exemple, refusé que les Kurdes syriens qui sont allés s'entraîner au Kurdistan irakien, faute d'accepter le monopole imposé du PYD sur le maintien de l'ordre, ne reviennent sur le territoire syrien. Et le PYD envisagerait de retirer ses combattants présents dans la région de Sinjar (Irak) depuis que certains d'entre eux ont rejoint les peshmergas de Barzani...
L'ennemi de mon ennemi est mon ami

A la ligne de fracture des Kurdes de Syrie et d'Irak répond une autre division propre à l'Irak, celle du PDK de Barzani, soutenu par les Etats-Unis, et du parti (UPK) du président irakien, Jalal Talabani, très lié à l'Iran. Dans le même temps, "le PKK, longtemps en guerre contre l'Iran par le biais de sa branche kurde iranienne, le Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK), a changé de politique à partir de la révolution syrienne, en 2011", précise Arthur Quesnay, doctorant à l'Institut français du Proche-Orient (IFPO). En vertu du principe selon lequel l'ennemi de mon ennemi est mon ami -Téhéran étant le principal soutien du régime de Bachar el-Assad- "le PKK a cessé ses attaques au Kurdistan iranien, ajoute le chercheur, et déployé certains de ses hommes dans les régions kurdes de Syrie".
Source : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/la-rivalite-des-freres-ennemis-kurdes_1741759.html

Voir également : Denise Natali : "l'offensive sur Sinjar a mis à nu les profondes divisions au sein du camp kurde"

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