lundi 14 décembre 2015

En juin 2015, le porte-parole du Hamas avait félicité le HDP




Par la voix de son porte-parole (Sami Abu Zuhri), le Hamas avait officiellement félicité le parti HDP (supposément "libertaire") pour son score électoral lors du scrutin de juin 2015 : http://www.aljazeera.com.tr/haber/hamastan-akp-ve-hdpye-ozel-tebrik

En janvier 2012, lors de sa visite officielle en Turquie, Ismaël Haniyeh avait rencontré Selahattin Demirtaş dans une ambiance "chaleureuse", et ce dernier lui avait fait part de son soutien.

Pourtant, le HDP est ouvertement à la remorque du PKK, y compris dans sa folle stratégie de déstabilisation de l'Etat turc.

En conséquence, comment prendre au sérieux les déclarations d'"amitié" du Hamas à l'égard de l'AKP ? Comment peut-on prétendre qu'il existerait une alliance concrète entre le Hamas et la Turquie ?

S'il est vrai que la politique extérieure du Hamas est quelque peu brouillée par les pérégrinations de Khaled Mechaal ces dernières années (gestes d'ouverture vis-à-vis du Qatar, de la Turquie, et plus récemment de l'Arabie saoudite), il n'en demeure pas moins que ce mouvement reste piégé dans l'orbite iranienne.

En Syrie, le Hamas a vu ses bureaux fermés par Assad (2012) car il a finalement pris parti pour la révolution syrienne (sans doute pour ne pas apparaître en porte-à-faux avec l'élan des Printemps arabes). Une prise de position qu'on pourrait juger honorable, étant donné que ses militants résidant en Syrie ont dû se battre aux côtés de la rébellion, à leurs risques et périls.

Mais le Hamas dépend entièrement de l'Iran pour son équipement militaire (fourniture de roquettes Fajr 5 aux brigades Qassam de Gaza). Raison pour laquelle le Hamas a voulu éviter la rupture avec le Hezbollah (et y est parvenu), malgré leur désaccord sur la Syrie (le Hezbollah étant l'une des principales forces d'appoint de l'armée d'Assad).

Cette lourde ambiguïté du Hamas a occasionné des rancoeurs chez les rebelles syriens : même Jaysh al-Islam (faction islamiste et peu modérée de la rébellion) a fortement critiqué le Hamas.

A la suite de l'offensive victorieuse de l'EI (avril 2015) à Yarmouk (camp de réfugiés palestiniens), des combattants d'Aknaf Beit al-Maqdis (affilié au Hamas) ont été exfiltrés par le FPLP-CG (Palestiniens pro-Assad). Suite à quoi, les contacts téléphoniques entre Khaled Mechaal et Ahmed Jibril (leader du FPLP-CG) ont repris.

Si le Hamas se croit obligé de faire montre de bienveillance envers le HDP, c'est vraisemblablement à cause de cette dépendance à l'égard de l'"axe de la résistance" Iran-Hezbollah. A la faveur de la guerre civile syrienne et de la coopération PYD-Assad, l'Iran et ses suppôts ont amélioré sensiblement leurs rapports avec le PKK :

"(...) Jalal Talabani, président de l'Irak et de l’UPK, aurait joué dès le début de la révolte syrienne en 2011 un rôle de médiateur entre le régime syrien, le PYD et le régime iranien. En bons termes avec les trois acteurs, Talabani aurait encouragé l'organisation soeur du PKK en Iran – le Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK) – à déclarer une trêve unilatérale ; en échange de quoi, le régime de Téhéran, allié régional de longue date de Damas, aurait accepté d'aider le PYD/PKK à s'armer en Syrie. Bien que Talabani ait subi en décembre 2012 une attaque vasculaire qui l'a éloigné de ses fonctions, l'UPK continue à soutenir le PYD, en s'attaquant à la diplomatie kurde du GRK. De même, Goran a pris position en faveur du PYD en soutenant officiellement l’autonomie kurde déclarée par le PYD, à la différence du GRK qui rejette quant à lui une initiative prise « de manière unilatérale ».

Ce conflit latent intra-kurde est également nourri par le gouvernement irakien aux prises avec le GRK. Officiellement neutre, Bagdad observe avec préoccupation les évolutions de la crise syrienne, craignant que les tensions en Syrie entre sunnites et chiites d’une part, entre Kurdes et Arabes de l'autre ne renforcent les conflits ouverts en Irak. Toutefois, malgré la prudence affichée par le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, son gouvernement maintient des relations fluides avec le PYD et a désavoué à plusieurs reprises le GRK dans sa gestion de la politique syrienne.

Ainsi, alors que le GRK refusait un visa à différents dirigeants du PYD sur le poste frontalier contrôlé par le PDK, Bagdad leur permettait de pénétrer en territoire irakien par d'autres passages, facilitant ainsi la communication entre les bases arrière du PKK situées au mont Kandil au Kurdistan d'Irak et le PYD d’une part et entre le PYD et l'Iran d’autre part. De même, le « ministre des Affaires étrangères » du canton autonome de Jazira, Saleh Gido, annonçait en février 2014 la mise en place de relations commerciales avec Bagdad et l’ouverture prochaine du poste frontalier de Tel Koçer entre les deux territoires, échappant ainsi au contrôle du GRK.

Derrière la politique pro-PYD du cabinet Maliki se dissimule le contentieux entre Erbil et Bagdad autour des bénéfices de la vente du pétrole irakien. Selon la Constitution de 2005, la part du budget irakien qui revient au Kurdistan, essentiellement grâce à la rente pétrolière, est de 17 %. En réalité, le gouvernement de Bagdad en transfère moins au GRK, lequel a fait exploser ses dépenses en développant très excessivement son secteur public. Le GRK ne peut ainsi pas maintenir son rythme de dépenses actuel sans transferts financiers de Bagdad – 13 milliards de dollars en 2013 – ou sans nouvelles sources de financement autonomes. Ce contexte explique largement la « réconciliation » opérée par le GRK avec la Turquie ces dernières années, avec comme point culminant l’entrée en service, en janvier 2014, du premier oléoduc turco-kurde, dont les bénéfices échappent, en théorie, à Bagdad. Une initiative qui n’a guère été appréciée dans la capitale irakienne..."
(Jordi Tejel, "Les paradoxes du printemps kurde en Syrie", Politique étrangère, n° 2, été 2014, p. 58-60)

"Cette situation est aggravée par le contexte régional dans lequel s'inscrit le PYD. Ses relations avec le Kurdistan irakien sont mauvaises. Massoud Barzani, qui soutient le CNK, a mis fin à ses tentatives de médiation. Aujourd'hui, il pratique à son égard la rétorsion. A plusieurs reprises, la frontière entre le Kurdistan irakien et le Rojava a été fermée, empêchant le commerce entre les deux régions et interdisant l'entrée d'aides humanitaires. Les conditions de vie au nord-est de la Syrie se sont par conséquent dégradées, provoquant d'importants mouvements de population en direction de la Turquie et de l'Irak. Ces mesures n'ont fait qu'accroître les tensions, les membres du CNK étant régulièrement interdits d'entrée en Syrie par le PYD. Le gouvernement régional du Kurdistan irakien est allé jusqu'à creuser une tranchée le long de sa frontière, afin de limiter les trafics transfrontaliers et à contraindre le PYD à faire des concessions. Si la confrontation généralisée contre l'EI a permis de mettre ces différends frontaliers de côté, au moins provisoirement, le PYD ne peut compter que sur le fonctionnement durable d'un seul poste frontière avec l'Irak, celui de Ya'aroubiya, qui ne communique pas avec le Kurdistan irakien. Le PYD semble aujourd'hui dépendant non seulement des relations qu'il continue d'avoir avec le régime syrien, mais plus largement de l'axe Damas-Bagdad-Téhéran. L'Iran n'a pas hésité, dans son soutien à Bachar al-Assad, à jouer la carte kurde, afin de prévenir ou de limiter l'adhésion massive de cette population à l'opposition au régime. Pour ce faire, la République islamique a signé un cessez-le-feu avec le PJAK, la branche iranienne du PKK, en septembre 2011. Pour le PKK, coincé entre la Turquie et le Kurdistan irakien de Massoud Barzani, ce repositionnement stratégique ne pouvait être que bénéfique." (Frantz Glasman, "Vie locale et concurrence de projets politiques dans les territoires sous contrôle de l'opposition, des djihadistes et des Kurdes en Syrie", étude pour la Délégation aux Affaires Stratégiques, Ministère de la Défense, octobre 2014, p. 48)

En mai 2015, le PKK menait une attaque armée contre les peshmerga du PDKI (nationalistes kurdes opposés au régime iranien) à Kelashin, en Irak (deux peshmerga furent tués). Des paramilitaires iraniens combattent à Hassakeh, au vu et au su du PYD-YPG. Dans la région d'Alep, YPG et Hezbollah combattent côte à côte la rébellion syrienne.

En juin 2015, Selahattin Demirtaş déclarait soutenir la "noble résistance" du Hezbollah libanais (Al-Manar), et affirmait par ailleurs que le "mouvement kurde" (nationaliste) était "anti-impérialiste", au sens anti-américain du terme (Die Zeit). On ne s'en étonnera pas, à la lumière des faits précités.

En outre, le BDP-HDP s'entend très bien avec la "féministe" Leïla Khaled, célèbre cadre dirigeante du FPLP (mouvement communiste armé par l'Iran et responsable d'un attentat antisémite contre une synagogue, l'année dernière).

Voir également : Visite d'Ismail Haniyeh en Turquie : le leader du parti extrémiste kurde BDP, Selahattin Demirtaş, soutient le Hamas

Selahattin Demirtaş (leader du HDP) sur la chaîne Al Manar (Hezbollah libanais) : "Nous soutenons fermement votre noble résistance"

Une délégation conjointe du HDP et du DTK s'est rendue à Moscou, au moment de la visite d'Assad à Poutine

Selon Mikhaïl Bogdanov, ni le Hezbollah, ni le Hamas, ni le PYD-YPG ne sont des groupes terroristes
 
En plein délire complotiste et antisémite, Abdullah Öcalan (PKK) déclare que l'Etat islamique est un "projet israélien"

Les terroristes d'extrême gauche palestiniens du FPLP expriment leur soutien au PKK-YPG à Kobanê
 
 
Barbarie antisémite à Jérusalem : un attentat revendiqué par le FPLP communiste, allié d'Assad et du PKK-PYD-YPG

Le député PS Jean-Marc Germain (vice-président du groupe d'amitié France-Arménie) a rencontré un des leaders du Hezbollah au Liban

Israël et le problème du terrorisme kurde