mercredi 25 novembre 2015

L'armée turque a abattu un avion russe qui attaquait les rebelles turkmènes (anti-EI)

mardi, 24 novembre 2015 19:38
L'arrogance de la Russie amène à abattre ses avions

(24 nov) : La Turquie a abattu ce mardi un avion militaire russe qui avait violé son espace aérien à sa frontière avec la Syrie et après l'avoir averti plusieurs fois sans obtenir de réponse.
Le Chef d'Etat-major de l'Armée Libre, le Général de brigade Ahmed Berri, a déclaré que les combattants de l'Armée Libre ont capturé l'un des pilotes, le second ayant été tué. L'avion de guerre russe a bombardé les civils de Jisr Al Shughur avant d'être abattu.
Shalal Kiddo, Membre de la Coalition Nationale Syrienne, a déclaré que cet incident aura des répercussions dangereuses sur le processus politique, dont les prochaines réunions de Vienne.
M. Kiddo a ajouté qu'un tel incident était prévisible car l'espace aérien syrien est rempli d'avions de plusieurs pays avec des objectifs différents.
Anas Al Abdah, Secrétaire de l'Organe politique, a déclaré que l'arrogance de la Russie et ses tentatives répétées d'imposer des solutions politiques par la force militaire ont provoqué cet incident.
La Turquie, en abattant l'avion de chasse russe, applique un plan sérieux et efficace pour établir une zone de sécurité dans le Nord de la Syrie, a-t-il ajouté.
Source : http://fr.etilaf.org/all-news/news/l-arrogance-de-la-russie-amene-a-abattre-ses-avions.html

"De fait, voilà une bonne semaine que l’aviation russe avait intensifié ses bombardements contre des villages turkmènes situés dans le nord-ouest de la Syrie, à proximité de la frontière turque. Discriminés en Syrie, les Turkmènes, qui sont entre 2 et 3 millions, n’ont pas tardé à prendre les armes contre l’armée loyale à Bachar el-Assad, dès le début de la guerre syrienne. Les bombardements de la Russie – qui a une interprétation très large de ce que représentent des «terroristes» dans le pays – ont été durement ressentis ici. Quelques 2000 villageois, appartenant à cette minorité turcophone, ont traversé la frontière ces derniers jours pour se réfugier en Turquie. A tel point que, la semaine dernière, les autorités d’Ankara avaient convoqué l’ambassadeur russe en Turquie pour lui faire part de leur colère. «Nous condamnons avec force ces attaques barbares», avait tonné le premier ministre turc Ahmet Davutoglu. Les Russes, «ne sont pas en train de lutter contre le terrorisme», affirmait-il encore, en promettant de «sérieuses conséquences».

Lire aussi. Le second pilote de l'avion militaire russe abattu mardi par la Turquie «a été récupéré par l'armée syrienne»

Que cherche la Russie?

De toute évidence, ce ne sont pas des positions de l’État islamique (EI, ou Daech selon l’acronyme arabe) que visaient dans la région les avions de chasse russes. Les premiers combattants de Daech se trouvent à quelque 150 kilomètres de là. Situé non loin de Lattaquié – qui est avec Damas le principal «fief» des alaouites dont est issu le clan Assad – ce territoire fait pourtant partie des tout premiers objectifs dessinés par les stratèges russes. L’objectif? «sécuriser» les place fortes de l’armée syrienne pour lui permettre de respirer. En somme, peu importe l’ennemi: il s’agit de faire place nette afin d’éviter que les blindés de l’armée syrienne soient à portée de canon. Aux côtés des brigades turkmènes, l’Armée syrienne libre, à laquelle ces brigades sont officiellement rattachées, maintient une forte présence dans la région. Mais aussi divers groupements djihadistes, au premier rang desquels la branche syrienne d’Al Qaïda, le Front Al-Nosra. Il y a peu, un commandant d’Al Nosra lançait ainsi un appel aux Turkmènes pour les inciter à venir en aide à «leurs frères» islamistes. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, de violentes batailles font également rage sur le terrain, opposant ces diverses factions à l’armée syrienne, épaulée notamment par le Hezbollah chiite libanais."

Source : http://www.letemps.ch/monde/2015/11/24/avion-russe-devoile-dessous-cartes 

"Thomas Pierret ‏@ThomasPierret 24 nov.

Hey 'realists': with a nofly zone over Syria before last summer we wouldn't be facing the most serious NATO-Russia incident ever."


Source : https://twitter.com/ThomasPierret/status/669082877011894272 

"Iyad El-Baghdadi ‏@iyad_elbaghdadi 19 h

Jihadist reaction today just after the news hit: "I hope the tyrants (Russia and Turkey) destroy each other". ISIS sees Turkey as an enemy."


Source : https://twitter.com/iyad_elbaghdadi/status/669181110954434560

"Les Turkmènes sous l'aile d'Ankara", Le Figaro, 25 novembre 2015, p. 2 :

"Les Turkmènes de Syrie, autrefois appelés Turcomans, sont une minorité turcophone installée depuis des siècles dans la région. Le développement du conflit syrien en affrontement régional a conduit au renforcement de leurs liens ancestraux avec la Turquie. Avec l'appui d'Ankara, les Turkmènes se sont organisés depuis l'été dernier en milices armées. Ces milices combattent l'Etat islamique, qui tient quelques positions dans le nord-ouest de la Syrie, mais aussi et surtout les milices kurdes de l'YPG, que la Turquie voit avec irritation se tailler un territoire de plus en plus vaste le long de sa frontière sud. Grâce à un soutien aérien turc et américain, les milices turkmènes se sont emparées ces derniers jours de deux villages au nord d'Alep, Harjaleh et Dalha, auparavant tenus par l'Etat islamique. L'objectif d'Ankara pourrait être d'établir grâce à ces rebelles turkmènes une « zone de sécurité » sur sa frontière (dont la Turquie réclame depuis longtemps la création) qui pourrait abriter des victimes des bombardements du régime syrien et de son allié russe, mais aussi empêcher l'extension vers l'ouest du Rojava, le territoire créé par les Kurdes syriens au nord-est de la Syrie."


Après de nombreuses (et vaines) protestations contre les violations de son espace aérien par l'aviation russe ces dernières semaines, il est clair que la Turquie ne pouvait pas rester indéfiniment passive devant les attaques de la Russie, sous ses yeux, contre des rebelles (qui n'ont rien à voir avec l'EI) qu'elle a patiemment soutenus dans le cadre de son projet de sécurisation du Nord-Ouest syrien. D'autant qu'al-Nosra aurait risqué de gagner en popularité chez les Turkmènes (civils et combattants) et les autres Syriens non-djihadistes de la région, en s'arrogeant le monopole de leur défense face aux offensives russo-assadistes.

Cette décision turque est aussi un sérieux avertissement pour les communistes kurdes du PYD-YPG, qui misaient sur les frappes russes (ils les ont publiquement approuvées) pour se débarrasser de leurs adversaires au sein de la rébellion, et ainsi avoir une chance de réaliser leur rêve expansionniste grand-kurde (jonction de Kobanê et Afrin).

Sur l'ASL (à laquelle sont rattachés les rebelles turkmènes en question), on peut vraiment parler de duplicité russe : discours mielleux d'un côté ("proposition" de soutien aérien contre l'EI, en octobre dernier) et frappes contre les "terroristes" de l'autre.

A noter que l'aviation israélienne aurait frappé des positions du régime syrien et du Hezbollah dans le Qalamoun, lundi dernier : http://www.jpost.com/Arab-Israeli-Conflict/Syrian-opposition-claims-IAF-struck-targets-in-country-on-Monday-435233

Voir également : Mauvaise nouvelle pour les YPG : des rebelles turkmènes reprennent des villages syriens à l'EI, avec le soutien de l'aviation américaine et turque 

Selon Mikhaïl Bogdanov, ni le Hezbollah, ni le Hamas, ni le PYD-YPG ne sont des groupes terroristes

Salih Muslim (PYD) a rencontré Mikhaïl Bogdanov (vice-ministre des Affaires étrangères russe) à Paris
 
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Le PYD-YPG quémande le soutien militaire de la Russie... au moment même où celle-ci bombarde la rébellion syrienne
 
Gouvernorat d'Alep : le PYD-YPG aide Assad et le Hezbollah contre la rébellion syrienne
 
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Non, Ahrar al-Sham ne soutient pas les attentats de Paris
 
 
Mauvaise nouvelle pour le PYD-YPG : en réponse aux frappes russes, l'Arabie saoudite intensifie ses fournitures d'armes à Jaysh al-Fatah et à l'ASL
 
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