lundi 2 novembre 2015

Elections en Turquie : une défaite politique pour le HDP, et par extension pour le PKK



Pro-Kurdish HDP loses close to million votes and 21 seats in Turkey
ANADOLU AGENCY
ANKARA
Published 19 hours ago

The Peoples' Democratic Party (HDP) lost nearly a million votes since the June general election, according to the initial results of Sunday's election rerun.


The party received 5,059,392 votes Sunday compared to 6,057,500 on June 7.

With 99.18 percent of the vote counted, the Justice and Development (AK) Party took 49.38 percent, which translated to 316 parliamentary seats in the 550-seat Grand National Assembly.

The Republican People's Party (CHP) received 25.41 percent (134 seats); the Nationalist Movement Party (MHP) got 11.94 percent votes (41 seats); and the HDP secured 10.69 percent (59 seats).

During the June election, the HDP passed the 10 percent threshold for the first time with 13.07 percent of the vote to take 80 seats.

In Istanbul, the HDP's number of seats fell from 10 to seven. It also came second to the AK Party in northeastern Kars and Ardahan provinces, having come first in June.

Turnout was 85.69 percent across the country.

The preliminary results were released after Turkey's Supreme Election Board lifted a broadcast ban at 7 p.m. local time (1600GMT).

More than 54 million Turks were eligible to vote in a poll to elect 550 deputies to the assembly.
Source : http://www.dailysabah.com/elections/2015/11/02/pro-kurdish-hdp-loses-close-to-million-votes-and-21-seats-in-turkey

L'alignement "scrupuleux" (acharné même) sur la stratégie de la tension du PKK (rupture du cessez-le-feu et attaques contre les forces de sécurité et des civils kurdes, guérilla du YDG-H à Cizre) n'a donc pas été payant, politiquement, pour le HDP :

"yusuf sayman ‏@ysfsymn 23 h

Apparently Kurds aren't too happy with the armed teenagers business.."

Source : https://twitter.com/ysfsymn/status/660943729835028480

Dans le contexte d'une escalade du conflit du Sud-Est (délibérément déclenchée par le PKK en juillet dernier pour déstabiliser le gouvernement turc), le HDP n'est pas parvenu à augmenter son score de juin, ni même à le maintenir. Il a perdu un nombre important de voix face à l'AKP, dans des zones majoritairement peuplées de Kurdes, et ce malgré les violences et les intimidations entretenues par le PKK et les discours séditieux de Selahattin Demirtaş :

"DAILY SABAH ‏@DailySabah 1 nov.

HDP lost most votes in eastern Turkey,13% in Bingöl, 12% in Ağrı, Kars & Bitlis, 11,5% in Van, 7% in Siirt 5% in Diyarbakır, Mardin & Batman"

Source : https://twitter.com/DailySabah/status/660875442321256452

"Her Kurd Abin ‏@MamaRishaa 24 h

@Flah203
Around 12m Kurds were eligible to vote, 1/3 voted for HDP..."

Source : https://twitter.com/MamaRishaa/status/660909573210046465

Une réalité qu'il ne faut pas omettre : les pressions de certains partisans du HDP sur les électeurs kurdes (comme le révèle notamment la mésaventure de l'imam Halil Özdemir à Mardin) avaient influé sur les résultats électoraux de juin.

Les naïves espérances sur le rôle d'arbitre du HDP dans le processus de paix se sont effondrées devant son parti-pris grossier en faveur du PKK et de ses actions terroristes.

Même en Ile-de-France (où vit une importante diaspora kurdo-turque), le vote HDP a baissé par rapport à juin, passant de 41 % à 36 % (résultats des votes au consulat de Paris), il serait absurde d'invoquer des pressions de l'Etat turc :



Source : http://www.milliyet.com.tr/secim/1kasim/fransa/

Ce revers du HDP est à apprécier comme une défaite politique du PKK, puisque celui-ci, par la voix de Cemil Bayık, avait appelé à voter HDP pour contrer l'AKP.

Malgré le soutien délirant et massif des médias occidentaux, le HDP reste au stade de quatrième parti de Turquie, en termes de suffrages exprimés : derrière le CHP (dirigé par Kemal Kılıçdaroğlu, qui est par ailleurs de souche zaza comme Demirtaş) et le MHP (parti nationaliste turc de droite, qui a tenté tant bien que mal d'échapper à la spirale des violences alimentées par le HDP, contrairement aux clichés).

Dans son dernier livre Qui est Charlie ?, Emmanuel Todd s'était inquiété de l'actuelle montée des micro-nationalismes en Europe occidentale (Catalogne et Ecosse), qu'il considère à juste titre comme un phénomène rétrograde de fragilisation et de décomposition des identités nationales. En gardant en tête ce phénomène de fond, on est en droit de voir dans ce relatif essoufflement de l'ethno-nationalisme kurde un signe positif quant à l'avenir de la société turque et de ses citoyens.

Voir également : Attentat d'Ankara : les indices convergent vers la piste des Kurdes pro-EI d'Adiyaman

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