samedi 3 octobre 2015

Le PYD-YPG quémande le soutien militaire de la Russie... au moment même où celle-ci bombarde la rébellion syrienne

Syrian Kurdish fighters welcome Russian strikes, demand weapons for anti-IS fight
#SyriaWar

General Commander of the YPG calls on Russia to target al-Nusra Front and expand support for anti-IS fighters on the ground


MEE staff
Thursday 1 October 2015 12:40 UTC
Last update:
Thursday 1 October 2015 13:15 UTC
The largest pro-Kurdish group fighting in Syria has said it is ready to co-operate with Moscow, after Russian jets began launching airstrikes in the country.

After Russia began a series of 20 strikes in the north of the country on Wednesday night, the leader of the People’s Protection Units (YPG) called the move “an important step”.


Sipan Hemo, general commander of the YPG, told Russian news agency Sputnik that his fighters want to co-operate with Russia against the forces of Islamic State (IS).

“We can work together with Russia against IS,” Hemo is quoted as saying.

“We want air support against IS. We want weapons support.”

The Russian military launched a series of airstrikes against targets on Syrian soil hours after President Vladimir Putin received permission from his parliament.


Moscow declared that the target of the airstrikes would be Islamic State.

However, the areas that were struck, which include parts of the government stronghold of Latakia and the central province of Homs, are not known for IS activity, with much of Homs instead controlled by the al-Qaeda affiliated al-Nusra Front.


Syria’s main opposition group, the Syrian National Coalition, was quick to criticise the airstrikes, which it said had left at least 36 civilians dead.


Russia hit back at the critics on Thursday, with the Kremlin issuing a statement saying the targets had been on “a known list of terrorist organisations agreed upon with the Syrian army”.

The statement did not specify which groups had been targeted, but stressed that Moscow had been the sole funder of the attacks and received no financial support from Damascus.

Sputnik, a Russian-owned agency supportive of Putin’s government, also reported that a senior Kurdish official had welcomed the strikes, asking for support from Moscow.

“We have asked for help from several countries in the fight against IS,” Idriss Nassan, foreign minister for the Kurdish region of Kobane on the border between Syria and Turkey.

“We want it from Turkey, we want it from Russia, and we want it from the United States,” Nassad said.

“We are ready to co-operate with anyone who fights against IS.”

In his statements to Sputnik, though, Hemo said he would support Russian strikes targeting al-Nusra Front as well as IS.

“Russia should fight not only against IS, but also against al-Nusra. There is no difference between Nusra and IS – they are both al-Qaeda,” Hemo is quoted as saying.


The YPG has deployed in force against IS in northern Syria, enjoying significant success in pushing the militants back from several strategic sites.

The group has also clashed repeatedly with militants from al-Nusra Front, despite being allied to the Free Syrian Army, a loose coalition of anti-Assad fighters that is part of a fragile alliance with al-Nusra Front.
Source : http://www.middleeasteye.net/news/syrian-kurdish-fighters-welcome-russian-airstrikes-demand-weapons-anti-fight-1688853090

Salih Muslim (leader du PYD) approuve lui aussi les frappes russes. Pour information, il a déclaré récemment que la chute du régime d'Assad serait un "désastre"... régime qui a pourtant exclu une bonne partie des Kurdes syriens de la nationalité syrienne. Ce qui est une preuve supplémentaire du fait que le PYD ne fait pas partie de l'opposition syrienne, contrairement à ce que suggérait François Hollande en octobre 2014.

Les frappes aériennes de la Russie ont essentiellement ciblé des zones tenues par les différents groupes rebelles (ASL, Front islamique, al-Nosra) qui combattent à la fois Assad et l'EI (par les armes). Elles déchaînent pourtant l'enthousiasme chez des gens (cadres et sympathisants de l'UMP et du FN) qui avaient le culot et la malhonnêteté d'accuser la Turquie de "faire le jeu de Daech" et de "massacrer les Kurdes", lorsque celle-ci avait opéré des frappes contre les bases du PKK en Irak, en réplique à des attaques menées sur son territoire par cette organisation terroriste. Turquie qui a par ailleurs bombardé l'EIIL/EI, en 2013, en 2014 et en 2015.

Si on peut très légitimement critiquer et rejeter al-Nosra pour toute une série de raisons (idéologie radicale, connections internationales, recours aux attentats kamikazes contre les forces du régime), Salih Muslim pratique un amalgame fallacieux quand il prétend qu'al-Nosra et Ahrar al-Sham sont la même chose que l'EI. Dès le début de son engagement dans la guerre civile syrienne, le Front al-Nosra s'est positionné comme un acteur de la lutte anti-Assad au sein du cadre national syrien, et a persisté à agir en conséquence (stratégie d'entente et d'alliance avec le maximum de factions rebelles, islamistes et non-islamistes). Al-Nosra s'est élevé contre l'EIIL dès avril 2013 et a résisté à sa tentative d'absorption, raison pour laquelle il a été chassé de Raqqa et de Deir ez-Zor, à l'instar des autres groupes rebelles. Al-Nosra et le Front islamique (dont Ahrar al-Sham est une faction) résistent pied à pied contre l'expansion de l'EI dans le Nord-Ouest, et ont fait un communiqué commun pour condamner la proclamation du califat par Baghdadi (été 2014).

Ahrar al-Sham a mené une importante offensive rebelle contre l'EIIL, durant l'hiver 2013-2014 :

"Soutenue par la Turquie, le Qatar et l’Arabie saoudite, la coalition de l’Armée de la conquête est aujourd’hui dominée par les salafistes nationalistes d’Ahrar al-Sham. Ce sont eux qui sont à l’origine de l’offensive rebelle contre l’EI, à la fin 2013. Suite à l’assassinat de l’un de leurs membres dans le nord syrien, ils avaient monté une coalition visant à chasser les jihadistes de la région. Après plusieurs semaines de combat, l’EI avait dû battre en retraite, abandonnant plusieurs positions dans la région d’Alep, avant de se retrancher à Raqqa, devenu depuis l’un des deux piliers de son califat, avec Mossoul, en Irak."

Source : http://www.liberation.fr/monde/2015/10/01/que-ciblent-vraiment-les-russes-en-syrie_1394922

Al-Nosra est une composante minoritaire de la coalition rebelle Jaysh al-Fatah ("Armée de la Conquête"), laquelle a enregistré d'importants succès militaires au printemps dernier (Idleb, Jisr al-Choughour, Ariha). Jaysh al-Fatah est dominée par Ahrar al-Sham, une formation qui est proche des intérêts du Qatar, et composée de "salafistes nationalistes" et d'islamistes de type ikhwan. Après la prise de la ville d'Idleb, Ahrar al-Sham comme al-Nosra ont démenti qu'ils y établiraient un émirat, et ont parlé en revanche d'une administration civile et inclusive. Selon des témoignages de civils syriens recueillis par Le Figaro (journal peu suspect de sympathie pour les islamistes en tout genre), les rebelles s'efforcent d'instaurer un semblant de normalité à Idleb (il n'y a pas d'obligation du port du voile pour l'instant), y font régner la sécurité publique dans les rues et protègent les commerces des chrétiens contre d'éventuelles attaques haineuses :



Si le PYD diabolise tant le Front islamique (dont fait partie un Front islamique kurde) et al-Nosra, c'est avant tout parce que ceux-ci représentent un sérieux obstacle à ses ambitions dans le nord de la Syrie, d'autant plus qu'il y a de nombreux Kurdes en leur sein (combattants et dirigeants, qu'ils soient syriens ou de nationalité turque et irakienne) : Le leader religieux du groupe islamiste Ahrar al-Sham est un Kurde syrien : Abu Mohammed al-Sadeq

Idleb (Syrie) : mort d'Abou Omar al-Kurdi (un membre fondateur du Front al-Nosra)

Des Kurdes de nationalité turque parmi les djihadistes d'al-Nosra tués par les frappes américaines à Alep et Idleb

Enfin, on rappellera que les groupies du PKK-PYD en France sont souvent en même temps des pourfendeurs de la Russie poutinienne (BHL, Kouchner, militants et sympathisants du PS et d'EELV)... on attend leurs commentaires sur ces "appels du pied" de leurs coqueluches à l'endroit de la Russie.