mercredi 13 mai 2015

Iran : répression contre les protestataires kurdes (sunnites) de Mahabad

After Mahabad Protests, Iranian Forces Tighten Security in Kurdish Cities
BasNews reveals the latest developments at the Iranian Kurdistan protests


Basnews  |  Sharif Falah
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09.05.2015  11:52

MAHABAD

After a call for peaceful protests in the Kurdish cities throughout Iran, Iranian authorities have deployed the army to prevent further demonstrations.


According to a local activist, “A large number of both Iranian army units and Revolutionary Guards have been deployed in the Kurdish cities. In particular, in the cities of Bukan, Sanandaj and Shino the situation is very tense and shootings can be heard from some areas.”

“Iranian Republican Guards and Special Forces, joined by additional armed units, transferred from Sa’en and Qalawa and are on high alert in the Kurdish city of Bukan, west of Azarbaijan Province .”


BasNews understands that many unofficial armed groups backed by the Iranian army have been mobilized in Bukan to crack down on any protest that emerges in city.

Army units have also been deployed on the streets of Piranshahr.

The situation is also extremely delicate in Sanandaj where army units can be seen on every corner of the city. Local activists have asked the people to pour onto the streets and start peaceful demonstrations.

According to a local Kurdish news agency, “A number of unknown armed men have opened fire on an army unit stationed on a street in the middle of Marivan. The city is, therefore, going through a situation of unrest.”

Kurdish activists in Iran claim, “The security forces are deliberately dragging the peaceful gatherings of Kurdish people to violence.”


Sections of Iranian media reported armed clashes outside the city of Shino. The news has not been confirmed officially, however.

Markets and shops are all closed in Marivan on Saturday. The Internet connection and telephone lines have also been shut down by the Iranian authorities and the city is entirely militarized.

The tightened security situation comes after peaceful protest on Thursday, May 8 in the Iranian Kurdish city of Mahabad turned violent following the arrival of anti-riot forces.

The protests were organised by activists inside the city and internet users across the globe. The protest was in response to the death of a young Kurdish girl who had committed suicide to escape rape, allegedly at the hands of a government official.

On Monday May 4th, Farinaz Khosrowani, an employee of Hotel Tara in Mahabad, jumped out of a window at the hotel. She was allegedly escaping her rapist, an agent of the intelligence ministry.

There are rumours that the hotel owner had intentionally placed Farinaz in the room to be raped by the well-connected agent. In return, the agent would obtain a five star rating for the hotel through his connections.
BasNews is unable to confirm the rumours at this time.

The protesters demanded the arrest of the perpetrators of the crime and justice for Farinaz.

Special riot forces and special guards were called to disperse the demonstration. They fired live ammunition and tear gas at the protesters, resulting in unverified reports of the death of two protesters and injuries to dozens more.

Pictures and videos that have gone viral on social media show a large crowd in front of the hotel with smoke rising from the building.

Unrest continues across the city and there is an indication it could continue tomorrow, and spread to other Kurdish cities.

Farinaz was a 26 year-old computer engineering graduate. Her funeral was held on Tuesday in Mahabad.
Source : http://www.basnews.com/en/news/2015/05/09/after-mahabad-protests-iranian-forces-tighten-security-in-kurdish-cities/

Iran. Des Kurdes manifestent, la police doit faire preuve de retenue

[11/05/2015]

Les forces de sécurité iraniennes ne doivent pas utiliser une force excessive et inutile lorsqu’elles assurent le maintien de l’ordre lors des manifestations, a déclaré Amnesty International. La police en tenue antiémeute a en effet dispersé une manifestation dans la ville à majorité kurde de Mahabad, dans la province de l’ouest de l’Azerbaïdjan, le 7 mai.

Des représentants de l’État ont confirmé vendredi 8 mai qu’au moins 25 personnes, dont sept policiers, ont été blessés dans les affrontements qui ont éclaté dans la soirée du 7 mai.

On craint une nouvelle répression policière, des informations ayant fait état d’arrestations et des appels à manifester ayant été lancés.

« Après les violences de la nuit dernière, les tensions sont vives à Mahabad et dans d’autres villes à majorité kurde. Les responsables de l’application des lois ont le droit de se défendre et le devoir de protéger la population, mais ils doivent le faire en respectant les normes internationales régissant le recours à la force lors des prochaines manifestations, a déclaré Said Boumedouha, directeur adjoint du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.

« Une réponse brutale de la police pour réprimer des actes de violence commis par une minorité, tandis que la majorité des manifestants sont non violents, ne ferait qu’aviver les tensions dans une situation déjà explosive. Les autorités doivent respecter le droit de manifester et de se rassembler pacifiquement, et privilégier les moyens non violents lorsqu’elles sont face à des personnes qui commettent des infractions prévues par la loi. »

Un vaste groupe de manifestants s’est rassemblé devant le Tara Hotel, à Mahabad, dans la soirée du 7 mai, pour exprimer leur colère : quelques jours plus tôt, une femme kurde âgée de 25 ans, Farinaz Khosravani, est morte en tombant du quatrième étage de l’hôtel.

Les circonstances de sa mort restent inexpliquées, mais l’inquiétude s’est emparée de certains habitants de Mahabad, selon lesquels un membre des services de sécurité et de renseignements iraniens avait menacé de la violer, ce qui avait conduit à sa chute. Un fonctionnaire provincial a publiquement nié cette accusation.

À un certain moment dans la soirée, la manifestation qui se tenait devant l’hôtel a dégénéré. Sur des vidéos postées sur les réseaux sociaux, on peut voir des manifestants jeter des pierres et piller l’hôtel, tandis qu’une partie du bâtiment est la proie des flammes.

Selon des militants kurdes des droits humains qui se trouvent hors d’Iran, ces violences ont éclaté lorsque la police antiémeutes a commencé à utiliser des matraques, des gaz lacrymogènes et probablement des balles réelles pour disperser la foule, faisant plusieurs blessés. D’après ces militants, des agents du ministère du Renseignement ont interpellé au moins 20 personnes, et certains manifestants blessés ont préféré ne pas se rendre à l’hôpital, de peur d’être arrêtés.

Amnesty International n’est pas encore en mesure de confirmer le nombre précis d’arrestations et de victimes.

« Nous dénonçons depuis longtemps le recours excessif à la force des forces de sécurité iraniennes pour disperser les manifestations, en violation directe du droit international, a déclaré Said Boumedouha.

« Au lieu de recourir à une force excessive et à des mesures d’intimidation, les autorités doivent ouvrir rapidement une enquête indépendante et impartiale sur les circonstances qui ont conduit à la mort de la jeune femme à Mahabad, ainsi que sur les allégations concernant un recours excessif à la force lors des manifestations déclenchées par sa mort. »

Conformément au droit international et aux normes internationales relatives aux droits humains, la police peut recourir à la force seulement lorsque cela est strictement nécessaire et son action doit être proportionnelle à l'objectif légitime à atteindre. Les responsables de l’application des lois ne doivent recourir aux armes à feu qu’en dernier recours, en cas de légitime défense ou pour défendre des tiers contre une menace imminente de mort ou de blessure grave. Ils ne doivent recourir intentionnellement à l'usage meurtrier d'armes à feu que si cela est absolument inévitable pour protéger des vies humaines.



8 mai 2015
Source : http://www.amnesty.fr/CP-Iran-Des-Kurdes-manifestent-la-police-doit-faire-preuve-de-retenue-15104

Voir également : Les partis nationalistes kurdes d'Iran accusent le régime de Téhéran d'assassinats massifs

La "guerre sainte" de Khomeini contre les Kurdes

L'oppression des Kurdes dans l'Iran du Shah