vendredi 13 février 2015

Le PYD-YPG : domination autoritaire et dépendance à l'égard du régime d'Assad

Frantz Glasman, "Vie locale et concurrence de projets politiques dans les territoires sous contrôle de l'opposition, des djihadistes et des Kurdes en Syrie", étude pour la Délégation aux Affaires Stratégiques, Ministère de la Défense, octobre 2014, p. 43-52 :

"Quatrième partie

L'apparition d'une autonomie kurde de facto

Comme un grand nombre d'autres acteurs, le Parti de l'Union démocratique - Partiya Yekîtiya Demokrat (PYD) a cherché à profiter du conflit pour se présenter en force de gouvernance et démontrer sa capacité à imposer sur certains territoires le nouvel ordre politique et administratif à sa convenance. Il a été créé en 2003 comme la branche syrienne de l'ex-Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), dont le leader, Abdullah Öcalan, avait été arrêté par les Turcs en 1998 après son expulsion de Syrie par Hafez al-Assad. Son pays était alors sous la menace directe et imminente d'une invasion par l'armée d'Ankara, à laquelle il n'avait les moyens ni militaires, ni diplomatiques, de s'opposer. Poursuivis en raison des Accords d'Adana, qui avaient scellé la même année la nouvelle entente entre la Turquie et la Syrie au détriment du mouvement autonomiste kurde, les dirigeants du PYD avaient trouvé refuge dans le nord du Kurdistan d'Irak. Les troubles de Qamichli, en 2004, les y avaient maintenus jusqu'à leur retour sur la scène politique syrienne, dès le début du soulèvement de 2011.

A. La main-mise du PYD sur le « Rojava »

La domination autoritaire du PYD sur les forces politique kurdes

Le 20 avril 2011, Saleh Muslim, président du PYD, arrive en Syrie en provenance de son lieu d'exil dans le Jebel Qandil, et se présente aux Kurdes de Syrie. Sa réapparition publique, alors qu'il est officiellement recherché par tous les services syriens de sécurité, fait suite à des gesticulations politiques de la part du régime syrien en direction des Kurdes. Le 7 avril 2011, Bachar al-Assad a promulgué le décret n°49 au profit des « étrangers » de Syrie, qui restitue la nationalité syrienne à des milliers de Kurdes auxquels elle avait été retirée, suite à un recensement dans la Jazîra, en octobre 1962. La population kurde de Syrie avait alors été divisée en trois catégories : les Syriens, les « étrangers » (ajânib) et les « cachés » (maktûmîn), c'est-à-dire ceux dont aucune trace n'existait dans les registres syriens de l'état-civil. Ces concessions faites aux Kurdes, après des décennies de répression sévère et de marginalisation sociale, politique et économique, répondait alors à deux objectifs. D'une part, éviter que le soulèvement du pays atteigne le nord-est, en dissociant la population kurde des Arabes. D'autre part, envoyer un message sans ambiguïté au gouvernement turc, qui, bien que n'ayant pas adopté une attitude immédiatement hostile au régime syrien, accueillait déjà sur son sol les activités de certains mouvements de l'opposition syrienne, en premier lieu des Frères musulmans.

En violation des Accords d'Adana, le PYD est donc autorisé à rentrer en Syrie, à opérer librement et à ouvrir des bureaux dans plusieurs localités. Pour briser son isolement, il intègre le Comité de Coordination national pour le Changement démocratique (CCNCD), coalition de l'opposition « tolérée » par le régime, qui rassemble divers mouvements politiques de la gauche nationaliste syrienne et se tient à distance d'un mouvement de contestation sur lequel elle n'a aucune prise. Saleh Muslim en devient même l'un des vice-présidents. Laissé libre de mener ses activités politiques à sa convenance, alors que celles de ses compatriotes kurdes et arabes dans la Jazireh sont surveillées et réprimées, le PYD constitue, en décembre 2011, le Conseil du Peuple du Kurdistan occidental (CPKO). Censé rassembler divers mouvements kurdes, en concurrence avec le Conseil national kurde (CNK) qui regroupe la quasi-totalité des autres partis kurdes syriens, le CPKO n'est en réalité que la façade démocratique que le PYD cherche à se donner. Le CNK, dont la composition reflète la diversité de la scène politique kurde, a été formé dans le Kurdistan irakien, sous le parrainage de Massoud Barzani, le 26 octobre 2011. Aspirant à un fédéralisme, ou au moins à une décentralisation administrative dans le cadre d'une Syrie post-ba'thiste, le CNK est pris en tenaille entre le CNS, qui refuse de discuter une question devant faire à ses yeux l'objet d'un plébiscite populaire ultérieur, et le PYD, qui refuse de partager avec d'autres la position dominante qu'il a déjà gagnée dans les régions de peuplement kurde. Dès le retour du PYD en Syrie, des militants kurdes, des activistes et des journalistes sont assassinés, arrêtés, passés à tabac par des groupes qui lui sont liés.

Pour éviter que la situation dégénère davantage, les deux mouvements sont réunis durant l'été 2012, afin de trouver une solution politique sous les auspices de Massoud Barzani. Le 12 juillet, un accord est signé à Irbil, qui organise la coopération entre le CNK et le PYD. Un Conseil suprême kurde (CSK) est institué. Il aura pour tâche de régir l'administration des régions de peuplement kurde sur une base équitable. Des comités politiques et économiques sont constitués, au sein desquels le CNK et le PYD disposent du même nombre de représentants. Au niveau militaire, une coopération est annoncée entre les Unités de Protection du Peuple (YPG - Yekîneyên Parastina Gel), dépendant du PYD, et les peshmergas proches du CNK, composés majoritairement de déserteurs kurdes de l'armée syrienne, jusqu'alors cantonnés dans le Kurdistan irakien. Mais le CSK ne fonctionnera jamais de manière effective, le PYD n'étant pas prêt à accepter plus qu'une participation formelle du CNK à la gestion des territoires. Ses pratiques autoritaires persistent et les peshmergas ne sont pas autorisés par le PYD à revenir dans les régions kurdes de Syrie, où les développements jouent en sa faveur.

L'aval du régime à une autonomie kurde sous la direction du PYD

Au début du mois de juillet 2012, l'armée syrienne a en effet entamé un retrait de plusieurs villes kurdes du nord du pays. Immédiatement, le PYD et les YPG investissent ces localités et occupent les locaux administratifs laissés vacants. Planifiée ou non, cette substitution fait l'affaire des deux partenaires. Le régime syrien peut déployer des forces supplémentaires sur les fronts actifs du pays, à Alep, Damas, Homs, Deir ez-Zor, etc... Il accentue par ailleurs la pression sur Ankara, qui voit se développer à sa frontière sud un nouvel espace politique kurde, qui, à la différence du Kurdistan irakien, est contrôlé par une force proche, pour ne pas dire dépendante, du PKK.
De son côté, renforcé par la prise en main de ces agglomérations, le PYD assure au régime, dont le retrait des troupes ne signifie pas un abandon du contrôle sécuritaire de la région, une sorte de zone-tampon face aux groupes rebelles. Des tensions et des combats opposent bientôt certaines factions, essentiellement islamistes et djihadistes, au PYD, considéré comme un « agent du régime ». En dépit de l'hostilité qu'il suscite, le PYD tient le rôle que lui a confié le régime, convaincu de pouvoir à terme maintenir son contrôle politique et militaire sur les Kurdes de Syrie. Face à lui, le CNK est démuni. Il ne dispose d'aucun groupe armé réellement constitué en Syrie, à l'exception de brigades de quelques dizaines de combattants. Malgré des médiations à nouveau menées par Massoud Barzani, le CNK s'affaiblit au rythme de la mainmise du PYD sur la région. En septembre 2013, un accord semble acté pour une coopération dans le cadre d'une « administration intérimaire » des régions kurdes de Syrie. Mais les discussions achoppent encore une fois et le CNK rejoint la CN, qui en échange promet l'abrogation des mesures discriminatoires à l'encontre des Kurdes, la reconnaissance officielle de l'identité et de la langue kurde et l'organisation du futur Etat syrien sur une base décentralisatrice.


Répondant à cette inclusion du CNK au sein de la CN, qu'il considère comme à la botte d'Ankara et à ce titre opposé aux droits des Kurdes, le PYD annonce unilatéralement, le 12 novembre 2013, la constitution d'une administration intérimaire autonome au nord du pays.

B. Une administration autonome aux bases fragiles


Le PYD revendique son indépendance vis-à-vis du PKK, mais il ne trompe personne : il est l'aile syrienne de ce parti. Tant au niveau idéologique, qu'organisationnel et militaire, il tire sa force de ses relations étroites avec le parti d'Abdallah Öcalan, auquel il est lié via son appartenance à l'Union des Communautés du Kurdistan (KCK – Koma Ciwakên Kürdistan), qui réunit les différents mouvements affiliés au PKK. Le PYD porte d'ailleurs un projet idéologique similaire à celui de son parti d'origine. Il revendique une mission de réforme intégrale de la société, visant à conduire à l'affirmation des libertés collectives, à l'égalité des genres, au respect des ethnies et des religions dans le cadre d'une « autonomie démocratique ». Répondant à ces objectifs, le PYD a institué un Mouvement de la Société démocratique (TEV-DEM), dont il est censé représenter la dimension politique, les YPG étant en charge de l'aspect militaire et d'autres organisations assurant la représentation de la jeunesse et des femmes. Compte-tenu de la dispersion des Kurdes sur le territoire syrien et de la présence de fortes communautés kurdes à Damas et à Alep, en dehors donc des zones de peuplement kurde que sont la Jazîra, Kobanî et Afrin, le PYD s'est abstenu, jusqu'à récemment, de réclamer une sécession du reste du pays. Il préfère mettre en avant une revendication d'administration autonome, plus acceptable par les Syriens. Mais, ses revendication de démocratie et de pluralisme ne l'empêchant pas de réprimer ses concurrents kurdes, on est en droit de s'interroger sur ses véritables intentions.

L'annonce de la création d'une « administration autonome » pour le Kurdistan occidental, le Rojava, ne reçoit pas l'adhésion de l'ensemble des mouvements politiques kurdes, et encore moins de l'opposition syrienne, qui considère ce projet comme sécessionniste. Son seul soutien provient du CCNCD, mais il est problématique et il provoque des divisions dans les rangs de ce groupe d'opposition, dont certains membres sont de vieux militants nationalistes. Le PYD n'en poursuit pas moins la mise en oeuvre d'un projet qu'il estime avoir légitimité à conduire. Avant de l'annoncer, il s'était assuré le soutien de représentants de différentes ethnies et communautés du nord du pays - des Kurdes, membres de partis ayant pris leurs distances avec le CNK, des Assyriens, des Arabes, des Tchétchènes, d'autres communautés chrétiennes, etc... - dont la participation à son projet ne menaçait pas sa domination. Seul acteur véritablement structuré, c'est le PYD qui dicte la marche à suivre. Son projet prévoit la création d'un Parlement et de trois cantons distincts : la Jazîra, au nord-est du pays, Kobanî, au nord de Raqqa, et Afrin, au nord-ouest d'Alep. La création de ces trois cantons illustre la difficulté majeur à laquelle le PYD est confronté : à la différence du Kurdistan irakien, iqlîm (région) d'un seul tenant, il doit étendre son autorité sur des secteurs distants les uns des autres, sans aucune continuité territoriale. Cette difficulté se fait sentir aujourd'hui autour de Kobanî, assiégé de toute part par l'EI qui menace de s'en emparer.

L'institutionnalisation des « administrations autonomes » du PYD

Chacun de ces cantons doit se doter d'une administration propre, indépendante, sous l'appellation « d'administration autonome démocratique ». Pour y parvenir, ils devront constituer dans chacun d'entre eux une assemblée, un « gouvernement » de 22 ministres et un système judiciaire. La première « administration autonome » à se déclarer est celle de la Jazîra, le 22 janvier 2014. La date n'est pas choisie au hasard : c'est celle de l'ouverture, à Montreux, des négociations de Genève auxquelles le PYD n'a pas été invité à participer. Les cantons de Kobanî et d'Afrin font de même respectivement le 27 et le 29 janvier. A cette même date, est publié un « Contrat social » pour l'administration autonome, censé réglementer ses travaux à la manière d'une constitution. Les modalités d'élection et de nomination des différentes structures y sont détaillées, ainsi que leurs prérogatives. Les conseils législatifs, ou parlement cantonaux, doivent être élus et sont chargés de réglementer l'organisation des cantons, de superviser les travaux des instances exécutives, de ratifier les traités, d'adopter un budget, etc... Les conseils exécutifs, qui agissent à la manière d'un gouvernement, sont dirigés par un « gouverneur », ou président du conseil exécutif. Ils doivent être élus par le conseil législatif de leur canton. Ils sont composés de 22 « ministres ». Des conseils judiciaires, indépendants en principe, assurent quant à eux la mise en place d'une justice civile. Chaque canton dispose également d'un Haut-comité électoral et d'une Cour constitutionnelle suprême. Enfin, au sein de chaque canton, des sous-unités administratives sont constituées dans les villes, sous la forme de conseils locaux, fonctionnant sur le principe de la décentralisation.

Le cas de ces conseils locaux est révélateur de l'ordre politique que cherche à imposer le PYD. Différents conseils ont cohabité, avant même le retrait du régime des régions du Rojava. Tout d'abord, les conseils issus du mouvement révolutionnaire, mis en place sur le schéma évoqué dans la première partie de cette étude, autour des groupements civils, des LCC et de personnalités indépendantes. A côté d'eux, sont apparus des conseils revendiquant leur appartenance au CNK, composés de représentants des différents partis de cette coalition politique. Enfin, sous l'autorité officielle du CPKO, et donc piloté par le PYD, des conseils du Peuple (majâlis ach-cha'b) sont apparus dans la quasi-totalité des localités où résident des Kurdes. Les conseils issus du mouvement révolutionnaire n'ont pas réussi à fonctionner face à cette concurrence. Ils ont même cherché à garder leur distance avec la CN, craignant que leur affiliation à celle-ci ne signifie la fin de leurs activités. Implantés dans les principales villes kurdes - Afrin, Serêkaniyê (Aïn al-Arab, en arabe), Tall Abyad, Amouda, Hassaka, Qamishli, al-Qahtaniya, etc... - les conseils du CNK ont connu de grandes difficultés, leur fonctionnement dépendant étroitement des relations entre le CNK et le PYD. A diverses reprises, certains de leur membres ont été arrêtés et leurs locaux fermés. De fait, seuls les conseils du Peuple ont pu s'imposer comme autorité administrative locale, conservant la haute main sur les différents services grâce au soutien sans faille du PYD et des YPG. Ce sont eux qui sont institutionnalisés par le « Contrat social ».

Le PYD, « parti dirigeant » des Kurdes de Syrie ?


Ce « Contrat social » se veut laïc et démocratique. Il consacre la souveraineté du peuple. Il réglemente la séparation des pouvoirs. Il rejette toute forme de discrimination. Il impose même une conduite écologique à ses citoyens. Mais, certains de ses articles posent problème, compte-tenu des pratiques autoritaires du PYD. L'article 24, par exemple, garantit la liberté d'opinion tant « qu'elle ne met pas en danger la paix civile et ne vise pas à l'exclusion et à l'hégémonie ». Ces termes vagues inquiètent de nombreux militants et organisations internationales, le PYD et les YPG ayant été condamnés à de multiples reprises pour des violations des droits de l'Homme. Ces inquiétudes sont confortées par la question de l'organisation d'une justice alternative. Des tribunaux populaires, dont dépendent les asayich - forces de police kurde -, sont chargés d'administrer la justice dans les différents cantons. Leurs travaux sont relativement chaotiques. Outre l'absence de réels professionnels de la justice - la profession de juge était interdite aux Kurdes sous le régime de la famille al-Assad - et un monopole du PYD sur la nomination des employés de ces institutions, les références juridiques employées sont floues. Mélangeant droit syrien et droit coutumier, le PYD estime qu'il s'agit en réalité d'un code pénal « hybride », encore en construction.

L'article 32 du « Contrat social » réglemente quant à lui la formation des partis politiques, des associations, des syndicats et des organisations de la société civile. Si le texte n'est pas en lui-même problématique, c'est la publication d'un premier projet loi, en avril 2014, dans le canton de la Jazîra, qui a créé la polémique. Pour de nombreux partis kurdes, essentiellement ceux du CNK, il est inconcevable que des institutions contrôlées par le PYD, mises en place par lui et dont les actions sont régulées par lui, puissent juger de leur légalité. Ainsi, l'article 4-1 de ce projet impose aux partis désireux d'être licenciés de présenter un programme politique en accord avec le « Contrat social ». Si les partis du CNK ne sont pas fondamentalement opposés aux principes de ce texte, ils estiment que cela les oblige à adapter leur programmes politiques à celui PYD, ce qui revient à un déni de démocratie. A leurs yeux, cette loi, au lieu de servir de référentiel démocratique, risque d'être utilisée contre les concurrents du PYD. De plus, les conseils législatifs n'ont pour l'instant pas été élus, mais nommés, avec pour mission principale d'organiser les élections à venir. Pour le CNK ces conseils n'ont donc aucune légitimité à légiférer sur ce sujet. Enfin, l'article 4-4 de ce projet interdit aux partis politiques de disposer d'une composante militaire. A leurs yeux, la seule formation kurde à disposer d'une milice est le PYD, via les YPG. Cette loi a malgré tout été promulguée dans le canton de la Jazira, et le PYD a, sans surprise, obtenu son agrément, tout comme huit autre partis. Aucun du CNK ne l'a été. Mais aucun d'entre eux ne l'avait demandé.

Sur la question débattue de l'appartenance des YPG au PYD, le parti de Mohammed Saleh Muslim a trouvé une parade. L'article 15 du « Contrat social » précise en effet que les YPG « sont la seule institution nationale responsable de la défense de l'intégrité territoriale et de la souveraineté des cantons ». Il ne serait donc plus, théoriquement du moins, le bras armé du PYD. Selon le règlement intérieur des YPG, celles-ci ne sont « associées à aucun parti politique ». Sur cette base, le PYD peut donc se défendre de disposer d'une milice à ses ordres. Mais au vu de la création des YPG, de leur composition et de leur fonctionnement, ces textes ne servent en réalité qu'à dissimuler une subordination. Cherchant à se donner une image de force inclusive, ne prenant d'ordre d'aucun parti, les YPG ont élargi leur recrutement à des arabes - notamment issus de certaines tribus proches des Kurdes, telles que les Chammar - mais aussi à d'autres milices communautaires du nord-est du pays. Une modeste force d'autodéfense assyrienne a ainsi décidé de se placer sous le commandement des YPG. Mais cette intégration n'a rien d'une coopération. Les YPG restent la seule force armée structurée tolérée dans le Rojava par le PYD, qui refuse jusqu'à aujourd'hui le retour de peshmergas syriens, cantonnés depuis plus de trois ans dans le Kurdistan irakien.

Confirmant l'institutionnalisation des YPG en tant que force armée des régions soumises au régime de l'administration autonome, une loi sur la conscription a été adoptée dans le canton de la Jazîra, au mois de juillet 2014. Elle enjoint chaque famille de fournir aux YPG un de ses membres, âgé de 18 à 30 ans, pour un service militaire d'une durée minimum de six mois. Les forces de police de l'administration autonome, les asayich, sont en charge de faire respecter cette loi et d'enrôler de force les réfractaires.

Si la lecture du « Contrat social » est de nature à séduire les démocrates, la construction de l'administration autonome reflète en revanche la nature autoritaire du PYD. C'est aujourd'hui son projet qui est mis en oeuvre pour administrer les régions kurdes, avec des institutions qu'il contrôle de manière exclusive. Toutefois, la structure de cette administration apparaît bien plus fragile que ce que le PYD cherche à montrer.

Relations de dépendance et fragilité politique de l'autonomie kurde


Dans le secteur de l'éducation, de nombreuses écoles dépendent désormais de l'administration autonome. L'apprentissage du kurde, auparavant interdit, fait partie du cursus de certaines d'entre elles. Mais, s'il espère poursuivre son expérience autonomiste, le PYD devra répondre dans ce secteur à d'importants défis. Dans les institutions scolaires d'abord, comme dans la plupart des institutions qu'il a prises en charge (palais de justice, centres administratifs, etc...), les salaires continuent à l'heure actuelle d'être payés par le régime syrien. Cela crée une situation de dépendance pour le PYD, qui à terme risque de lui être néfaste. Certaines écoles ont d'ailleurs cessé d'enseigner la langue kurde, suite à la menace du régime d'interrompre le versement du salaire des enseignants ne se conformant pas aux programmes officiels. Or les ressources obtenues par le PYD en échange de son contrôle de certains champs pétroliers - dont le très important site de Rumeilan -, en accord avec le régime qui lui en délègue et lui en rémunère la protection, ne suffiront pas à lui assurer une réelle autonomie financière.

Cette situation est aggravée par le contexte régional dans lequel s'inscrit le PYD. Ses relations avec le Kurdistan irakien sont mauvaises. Massoud Barzani, qui soutient le CNK, a mis fin à ses tentatives de médiation. Aujourd'hui, il pratique à son égard la rétorsion. A plusieurs reprises, la frontière entre le Kurdistan irakien et le Rojava a été fermée, empêchant le commerce entre les deux régions et interdisant l'entrée d'aides humanitaires. Les conditions de vie au nord-est de la Syrie se sont par conséquent dégradées, provoquant d'importants mouvements de population en direction de la Turquie et de l'Irak. Ces mesures n'ont fait qu'accroître les tensions, les membres du CNK étant régulièrement interdits d'entrée en Syrie par le PYD. Le gouvernement régional du Kurdistan irakien est allé jusqu'à creuser une tranchée le long de sa frontière, afin de limiter les trafics transfrontaliers et à contraindre le PYD à faire des concessions. Si la confrontation généralisée contre l'EI a permis de mettre ces différends frontaliers de côté, au moins provisoirement, le PYD ne peut compter que sur le fonctionnement durable d'un seul poste frontière avec l'Irak, celui de Ya'aroubiya, qui ne communique pas avec le Kurdistan irakien. Le PYD semble aujourd'hui dépendant non seulement des relations qu'il continue d'avoir avec le régime syrien, mais plus largement de l'axe Damas-Bagdad-Téhéran. L'Iran n'a pas hésité, dans son soutien à Bachar al-Assad, à jouer la carte kurde, afin de prévenir ou de limiter l'adhésion massive de cette population à l'opposition au régime. Pour ce faire, la République islamique a signé un cessez-le-feu avec le PJAK, la branche iranienne du PKK, en septembre 2011. Pour le PKK, coincé entre la Turquie et le Kurdistan irakien de Massoud Barzani, ce repositionnement stratégique ne pouvait être que bénéfique.

Aujourd'hui, le PYD passe par une phase délicate. Il n'est plus en position de force. Certes, pour le moment encore, sa relation non-conflictuelle avec le pouvoir en place à Damas perdure. Mais elle pourrait s'envenimer tout aussi rapidement qu'elle s'était améliorée, ce qui mettrait le PYD et son administration autonome en difficulté tant il s'est isolé au niveau régional. La Turquie semble attendre ce développement, craignant de voir apparaître à sa frontière une nouvelle zone d'autonomie kurde, qui plus est tenue par un parti proche du PKK. Durant un temps, Ankara a oscillé à l'égard du PYD entre politique d'hostilité, que ce soit en fermant les yeux sur le passage de djihadistes depuis son territoire vers le nord de la Syrie ou en soutenant ouvertement le CNK, et désir de séduction, par la reprise du processus de paix avec le PKK ou l'ouverture de lignes de contacts entre les services de renseignements turcs et le PYD. Mais la situation actuelle à Kobanî montre qu'Ankara tient par-dessus tout à maintenir le PYD dans une situation d'isolement diplomatique.

Les succès enregistrés par le PYD dans sa stratégie de contrôle de sa propre opposition masquent mal les faiblesses du mouvement. Enfermé dans une posture autoritaire, ce n'est que grâce à sa défense efficace des villes kurdes contre les assauts djihadistes qu'il est parvenu à se construire une légitimité à l'extérieur et à l'intérieur de la Syrie. Mais le PYD reste aujourd'hui isolé à plusieurs niveaux. Au sein des mouvements politiques kurdes, à l'exception du PKK et des partis lui étant affiliés, il ne dispose guère d'alliés. Régionalement, il s'est enfermé dans une relation de dépendance avec Damas et Téhéran, en feignant d'oublier ce que ce type de relation a coûté à Abdallah Öcalan, il y a seize ans. Ne bénéficiant pas d'un Kurdistan démographiquement homogène et géographiquement unifié, comme c'est le cas en Irak, il risque de voir s'effondrer son rêve d'autonomie pour les Kurdes de Syrie. S'il l'emporte, le régime de Bachar al-Assad n'aura aucune reconnaissance pour le service qu'il lui aura rendu en empêchant les Kurdes de rejoindre en masse la contestation. Si elle l'emporte, l'opposition politique optera pour le projet d'autonomie régionale porté par le CNK et non pour celui d'indépendance politique qui correspond aux aspirations du PYD.

Conclusion

L'administration des territoires qui échappent au contrôle du régime représente aujourd'hui l'un des enjeux majeurs du conflit en cours en Syrie. En suscitant et en alimentant nombre de dissensions, cette question a contribué à la situation chaotique qui prévaut désormais dans ce pays. La relecture des événements sous le prisme de la gouvernance locale paraît aujourd'hui beaucoup plus éclairante que les analyses cherchant à compartimenter et enfermer les acteurs dans des catégories pré-construites, inadaptées à la situation : « modérés », « démocrates », « islamistes », etc... Les frontières entre acteurs ont été affectées et remises en cause par la violence et la brutalité du conflit. Au lieu d'essentialiser les événements et leurs protagonistes, il s'avère plus utile de comprendre ce qui animent ces derniers. Les mouvements civils basés à l'intérieur du pays, qui trouvent leur origine dans le soulèvement pacifique de mars 2011, ont depuis longtemps mis de côté les discours politiques, s'impliquant davantage dans des actions locales concrètes, destinées à alléger autant que faire se peut les souffrances des populations. Les groupes rebelles, d'inspiration islamiste mais aussi nationaliste, ont également revu à la baisse leurs ambitions politiques, pourtant largement développées entre 2012 et 2013. Les groupes djihadistes, Jabaht an-Nusra et EI en tête, ont de leur côté opté pour une stratégie inverse, cherchant à affirmer et affermir leurs projets respectifs. Quant au PYD, il doit aujourd'hui composer avec un certain nombre de facteurs sur lesquels il a peu de prise et qui hypothèquent l'avenir de ses efforts en faveur d'une autonomie du Rojava. 

L'expérience des conseils locaux continue de subsister. La violence du conflit, la volonté de domination hégémonique de certains acteurs, tant politiques que militaires, les divisions au sein même de l'opposition ont considérablement affaibli ces structures civiles. Les aides qu'elles reçoivent aujourd'hui suffisent à les maintenir en vie, mais elles ne leur permettent ni d'élargir leurs domaines d'intervention, ni de s'imposer comme des acteurs incontournables auprès de la population. Elles ont régulièrement plaidé leur cas auprès des bailleurs de fond internationaux. Les entretiens menés dans le cadre de cette étude ont confirmé que ces appels à l'aide n'ont pas vraiment été entendus. Trop occupés par la situation militaire, par la nature de l'aide à apporter à la rébellion, par les risques posés par les groupes djihadistes et par les réponses à apporter aux exactions du régime syrien, certains pays « Amis de la Syrie » ont négligé cette dimension de l'administration civile locale. Pourtant la volonté et la détermination de poursuivre leur activité caractérisent ce mouvement civil, qui est loin d'avoir disparu. Malgré les dissensions qu'il a pu avoir avec l'opposition incarnée par la CN, il continue d'espérer que celle-ci redore son image et soit à même de jouer un rôle déterminant en sa faveur et en faveur de la population.

Les difficultés des conseils locaux, qui continuent d'opérer dans de nombreuses provinces à la mesure de leurs moyens, ont profité à d'autres. Durant un temps, les groupes rebelles islamistes ont proposé une alternative. Mais, face à l'inaction internationale et à l'incapacité chronique de l'opposition d'assister les forces combattantes à l'intérieur de la Syrie, deux aspects intrinsèquement liés, ils ont décidé d'inscrire leurs interventions en faveur des populations dans le cadre d'agendas politiques spécifiques, pour gagner en légitimité. Cette évolution, perçue comme un raidissement, a eu pour effet de réduire davantage encore les aides destinées aux Syriens dans le besoin. Cherchant à conforter leurs positions, ces mêmes groupes rebelles ont opéré au côté des conseils locaux dans une double logique : une logique de collaboration, lorsqu'il s'agissait de subvenir aux besoins essentiels des populations ; une logique de domination, lorsqu'il s'agissait d'organiser la gouvernance des territoires.

L'apparition de l'EI en Syrie a modifié la donne. Le groupe djihadiste s'est imposé à tous, éliminant ceux qui contestaient sa légitimité ou semblaient pouvoir le concurrencer. Ses agissements et sa mainmise sur de larges portions du territoire dans le nord de la Syrie ont eu des conséquences importantes sur le positionnement des groupes islamistes. Ne voyant pas d'issue au chaos, les financiers de ces groupes dans les pays du Golfe ont suspendu leurs levées de fond. De leur côté, les
« Amis de la Syrie » ont fait de la chute de Bachar al-Assad un objectif secondaire, pour concentrer leur attention et leurs efforts sur la lutte contre l'EI et les autres groupes djihadistes. Craignant - pour certains à juste titre - d'être également ciblés par ce « grand retournement », les groupes islamistes ont révisé leurs positions. Leurs projets politiques spécifiques ont été mis en stand-by, et un rapprochement s'est opéré avec le reste de la rébellion nationale. Mais cette révision s'est limitée au champ militaire, comme le montrent les protestations exprimées au cours des derniers mois par des Syriens mécontents des décisions et agissements de certaines structures judiciaires contrôlées par ces groupes. Cette contestation, qui trouve son origine dans les exactions de l'Etat islamique, a suscité un rejet progressif, par une partie de la population syrienne, des agendas politiques islamistes. Elle a également favorisé un repli des rebelles sur d'autres domaines que celui de la gouvernance. Par manque de fonds, ils ont délaissé leurs activités annexes, afin de se recentrer sur l'aspect militaire de leur action. Des cours judiciaires sont alors apparues dans certaines villes, dans la province d'Idlib notamment, qui ne dépendent plus de groupes islamistes mais rassemblent des spécialistes de toutes tendances, sous l'autorité de groupes relativement apolitiques.

Toutefois, le mouvement entamé par les groupes islamistes vers le reste de la rébellion est déjà remis en cause. Les frappes de la coalition internationale, constituée autour de l'objectif d'affaiblir l'EI en ignorant le régime syrien, ont eu des effets négatifs dont les conséquences pourraient être durables. Enfermée dans ses conflits internes, l'opposition syrienne a été incapable de relayer efficacement les positions des différents groupes, civils ou armés, qui luttaient déjà contre le régime syrien et l'EI. Ils s'étaient pourtant déclarés prêts à contribuer à la bataille contre le groupe djihadiste, en collaboration avec la coalition internationale, à deux conditions : qu'elle leur fournisse les moyens de lutter contre le régime syrien, et qu'elle mette un terme aux bombardements indiscriminés de l'aviation qui tuent quotidiennement des civils et rendent leurs conditions de vie de plus en plus précaires. Mais leurs appels ont été globalement ignorés.

Des opérations aériennes ciblent désormais quotidiennement l'EI. Des bombardements ont également visé une cellule du Jabhat an-Nusra, suspectée vouloir conduire des opérations terroristes à l'étranger. Ces frappes ont tué plusieurs membres du groupe djihadiste, mais elles ont également provoqué la mort d'une famille syrienne. Comme il était prévisible dans une telle situation, des manifestations de colère ont été organisées dès le lendemain dans diverses localités syriennes, pour condamner la coalition internationale et appeler à soutenir le Jabhat an-Nusra. Certains rassemblements, notamment à Idlib, ont même entonné des slogans en faveur de l'EI, alors que c'est de cette province que le groupe djihadiste avait été chassé le plus rapidement par la rébellion, avec le soutien de la population. Considérés un temps comme des libérateurs, les combattants qui avaient repoussé les djihadistes ont été accusés d'être des « agents occidentaux ». Plus grave encore, les efforts déployés pour chasser l'EI de la région et réinstaurer un ordre précaire, qui avaient associé un grand nombre de groupes aux idéologies diverses, perdent aujourd'hui de leur consistance. La poursuite des frappes de la coalition contre l'EI, l'absence d'issue politique au conflit et les bombardements quotidiens du régime syrien sur les localités échappant à son autorité, pourraient bien conduire à un nouveau recentrage de la rébellion, mais dans un sens qui ne serait pas bénéfique cette fois-ci aux organisations de la société civile.

Deux groupes profitent de la situation ainsi créée : le Jabhat an-Nusra et l'EI. Le premier, qui avait été marginalisé par la rébellion, se repositionne comme un acteur grâce au soutien d'une partie de la population, qui ne comprend pas pourquoi la coalition internationale prend pour cible un groupe qui a toujours lutté contre le régime et qui s'était finalement engagé dans la guerre contre l'EI. Si le second est freiné dans ses avancées militaires à Kobanî, la plus grande incertitude entoure l'efficacité des frappes qui l'ont visé ailleurs en Syrie. Certains sites pétroliers ont été endommagés, ce qui affaiblit ses capacités d'autofinancement. Mais à elles seules, les frappes ne mettront pas en péril pas sa domination à Raqqa, à l'est d'Alep et à Deir ez-Zor. Les rebelles n'ont toujours pas les moyens de lutter sur deux fronts. Ils sont aujourd'hui assiégés à Alep et dans la Ghouta orientale de Damas. Ils doivent également faire face à des contre-offensives du régime sur les fronts d'Idlib et de Hama. Quant aux Kurdes, seuls véritables « partenaires » de la coalition internationale à l'heure actuelle, leur lutte contre l'EI se cantonne à leurs régions de peuplement, excluant de facto de nombreux territoires sous contrôle djihadiste. L'administration de l'EI n'est donc pas menacée à court-terme. Et, si la coalition espère l'affaiblir en poursuivant sa stratégie actuelle, c'est la population qui en supportera les conséquences : la destruction des sites pétroliers l'empêchera de se chauffer durant l'hiver, et les frappes contre les silos de grain limiteront ses capacités d'approvisionnement.

L'autre bénéficiaire de ces frappes est le régime syrien. Ne participant pas à la coalition internationale, il profite de la focalisation des efforts internationaux contre l'EI pour redéployer ses forces contre les différents bastions rebelles. Si sa stratégie fonctionne, des trêves localisées pourraient être signées, répétant un scénario qui se déroule déjà à Homs et Damas. Mais le conflit ne prendra pas fin pour autant. De nombreux rebelles préféreront s'associer à l'EI ou au Jabhat an-Nusra, plutôt que de déposer les armes.

Quant au PYD, son avenir et celui de son administration autonome font l'objet de spéculation. L'issue de la « bataille de Kobanî » sera décisive. L'affaire n'est pas ou n'est plus humanitaire, comme on l'entend aujourd'hui, puisque la grande majorité de la population a rejoint la Turquie voisine. Elle est d'abord et avant tout politique. La chute de la ville marquera la disparition de l'un des trois cantons mis en place par le PYD. Si la rébellion ne parvenait pas à contenir les avancées de l'EI vers la seconde ville du pays, le canton d'Afrin, au nord-ouest d'Alep pourrait être victime d'ici quelques mois d'un scénario identique. Celui de la Jazîra est étroitement lié au sort du régime : si les forces régulières parviennent à reprendre le contrôle de la province de Deir ez-Zor, où elles cherchent à progresser depuis quelques semaines, et du nord de celle de Hassaka, elles seront de nouveau en position de force au nord-est. Bachar al-Assad pourra alors répéter ce que son père a fait avec les Kurdes il y a seize ans. Après avoir utilisé le PKK comme outil politique, lui permettant de nuire à la Turquie depuis son pays, il lui a retiré sa protection lorsqu'il s'est senti en danger. Certes, avec les YPG, les Kurdes disposent aujourd'hui en Syrie d'une milice efficace. Mais son armement ne lui permettra pas de résister longtemps à l'armée syrienne, si celle-ci lui réserve le même traitement qu'au reste de la rébellion."

Source : http://www.ensoa.terre.defense.gouv.fr/layout/set/print/content/download/321578/4392843/file/CONS2014-Vie%20locale%20et%20concurrence%20de%20projets%20politiques%20en%20Syrie.pdf

Voir également : Ayn al-Arab/Kobanê : le PYD, un parti communiste, ultra-nationaliste et autoritaire (rappel)

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