vendredi 17 octobre 2014

Ahmet Davutoğlu : "près de 300 membres du PYD sont rentrés en Turquie en déposant leurs armes"

"La Turquie a ouvert la frontière mais personne n'est passé à Kobani pour combattre"

16 Octobre 2014 15:02 (Dernière mise a jour 16 Octobre 2014 15:04)
Ahmet Davutoglu a fait remarquer que si les frontières sont ouvertes pour des buts humanitaires, il ne faut pas pour autant laisser les étrangers les traverser pour prendre part aux combats en Syrie.

AA - Ankara - Nur Gülsoy

Les frontières turques sont ouvertes mais presque personne n'est passé à Kobani pour combattre, a déclaré le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu, mercredi à Ankara.


A la Suite d'une question d'un journaliste à propos du passage des combattants Pashmargas et des Unités de protection du peuple kurde (YPG) à Kobani, Ahmet Davutoglu a déclaré être en contact étroit avec la France à propos de cette question.

"Nous avons la même approche avec la France, sur de multiples sujets, a affirmé Davutoglu, rappelant que les présidents turc et français en avaient discuté déjà. C'est facile de parler depuis Paris mais combien se sont-ils renseignés sur terrain? Les frontières de la Turquie sont-elles fermées? Près de deux millions de réfugiés sont passés par ces frontières pour rentrer en Turquie. La Turquie n'a jamais fermé ces frontières pour l'aspect humanitaire."

Le premier ministre turc a rappelé que les pays qui ne voulaient qu'aucun groupe ne parte combattre en Syrie se permettent aujourd'hui de demander à la Turquie l'ouverture de ses frontières pour que certains groupes partent au combat. 


"Si le souhait de l'ouverture des frontières sous-entend 'le départ de certains groupes en Syrie', n'étaient-ce pas les mêmes pays qui souhaitaient que 'des combattants étrangers ne se rendent pas en Syrie'? Nous prenons des mesures que nous appliquons. Il faut déterminer qui passera de la Turquie en Syrie, comment ouvrir la frontière. L'opinion publique a l'impression que la crise découle de la réticence de la Turquie à ouvrir sa frontière, c'est inacceptable."

Ahmet Davutoglu a fait remarquer que si les frontières sont ouvertes pour des buts humanitaires, il ne faut pas pour autant laisser les étrangers les traverser pour prendre part aux combats en Syrie.

"Deuxièmement, nous ne souhaitons absolument pas que nos citoyens partent combattre, a insisté le Premier ministre. Nous nous efforçons d'empêcher les départs clandestins, (en allusion aux propos de Selahattin Demirtas [co-président du Parti démocratique des peuples, ndlr], qui disait que des groupes veulent rejoindre le Parti de l'Union démocratique (PYD) à Kobani pour aider leurs 'confrères'. Si nos citoyens d'origine arabe ou ceux d'origine turkmène font pareil, nous serons responsables de leur sécurité."

Le premier ministre turc a fait observer que des militants du PYD sont entrés en Turquie et qu'ils ne souhaitaient plus retourner en Syrie, précisant que le gouvernement ne s'oposera pas à leur volonté de regagner leur pays.   

"Troisièmement,  je vous signale que près de 300 membres du PYD sont rentrés en Turquie en déposant leurs armes, a fait remarquer Davutoglu. Si les Syriens souhaitent partir en Syrie, la frontière est ouverte, personne ne les empêche, mais ils n'ont pas voulu. A ceux qui disent que 'les membres du PYD venus de Kobani repartiront pour défendre leur ville', je répond : Nous nous sommes renseignés auprès des préfets. Personne n'a voulu partir, sauf un petit groupe. Allons-nous les forcer à partir combattre? Si ceux qui sont venus de Syrie veulent rejoindre la lutte, nous ne les forcerons pas, ils sont libres de partir."

"La Turquie n'est pas responsable du conflit en Syrie et des événements survenus à Kobani, a insisté le Premier ministre. Si nous ouvrons les frontières, comment contrôlerons-nous le flux de combattants étrangers?"

Ahmet Davutoglu a aussi abordé les récentes manifestations organisées, sous prétexte, selon les autorités, de soutenir Kobani. Il a mis l'accent sur l'inviolabilité du droit de manisfester pacifiquement, mettant en garde contre l'usage de la violence qui ne sera jamais toléré.

"Manifester est une liberté qui ne sera pas interdite. Nous ne prendrons aucune mesure qui empêcherait la liberté de manifester pacifiquement. Mais s'il y a de la violence, si on recourt aux armes et à la force, alors ce n'est plus une manifestation mais une provocation, un conflit et un chaos interne. Nos forces de sécurité respectent le droit pendant les rassemblements. Mais si certains recourent à la violence et menacent la vie d'autrui, elles interviendront et ne tolérerons pas les tentatives de déclencher un conflit civil."

"La réforme sécuritaire sur laquelle nous travaillons n'est pas une série de mesures policières, a assuré Davutoglu. Nous n'établirons aucune mesure différente de celles adoptées dans les pays démocratiques européens."

Le Parti de la Justice et du Développement (AKP, au pouvoir) soumettra mercredi prochain à la Grande Assemblée nationale de Turquie (GANT) un projet de loi sur les crimes contre la sécurité de l'Etat et l'ordre constitutionnel.
Source : http://www.aa.com.tr/fr/politique/405450--la-turquie-a-ouvert-la-frontiere-mais-personne-nest-passe-a-kobani-pour-combattre

La Serbie devrait prochainement criminaliser le recrutement et le départ de TOUS les volontaires de guerre (Syrie, Ukraine) : http://balkans.courriers.info/article25750.html

Voir également : Mustafa Osso (Conseil national kurde) dénonce l'enrôlement forcé de centaines de jeunes Kurdes (et non-Kurdes) dans les YPG

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