mercredi 28 mai 2014

L'immigration kurde à Stockholm

"Suède: pourquoi les banlieues brûlent

Par Axel Gyldén, publié le 24/05/2013 à 13:26, mis à jour à 16:03
Cinq jours d'emeutes dans les banlieues-ghettos de la capitale Stockholm montrent les limites criantes du modèle d'intégration "à la suédoise".

AFP/ JONATHAN NACKSTRAND

"Remake" des émeutes de banlieues, en France, en 2005, les incidents qui secouent celles de Stockholm, la capitale suédoise, jettent une lumière crue sur l'échec de l'intégration à la suédoise. Des incidents comparables s'étaient déjà produits en 2008 et en 2010 en Suède, mais jamais ils n'avaient duré aussi longtemps et connu une telle ampleur: des centaines de voitures brûlées, des dizaines d'arrestations, cinq jours d'émeutes, et un mort.

Dans ce pays de 9 millions d'habitants, les étrangers et descendants immigrés représentent environ 15% de la population. Ils se concentrent dans les cités-ghettos des grandes villes du pays -Stockholm, Malmö, Göteborg- et connaissent un taux de chômage plus important que le reste de la population.

A Husby, le taux de chômage atteignait 9% en 2012, contre 3,5% à Stockholm. C'est précisément dans cette banlieue dortoir de la capitale que les troubles ont commencé après l'énorme bavure de la police suédoise qui s'est dit incapable de maîtriser un homme de 69 ans brandissant une arme blanche autrement qu'en lui tirant dessus.

Une politique d'immigration volontariste

Cas unique en Europe du Nord, la Suède abrite une population immigrée ou d'origine étrangère comparable, en proportion, à celle de la France. Ni le Danemark, ni la Norvège, ni la Finlande, dont la population immigrée n'atteint pas 5%, ne sont dans ce cas.

La première vague d'immigration remonte aux années 1960. Il s'agissait d'immigrants économiques originaires d'Italie, de Grèce ou de Yougoslavie -comme les parents de l'attaquant du PSG Zlatan Ibrahimovic- ; dans un contexte de plein emploi, ces nouveaux arrivants trouvent assez facilement leur place dans la prospère sociale-démocratie suédoise, notamment dans les usines automobiles de Volvo, Saab ou Scania.

Mais dans les années 1970, la nature de l'immigration change. Le Premier ministre social-démocrate Olof Palme, connu pour son tiers-mondisme et sa volonté de se donner un rôle dans la Guerre froide, lance une politique d'accueil aux réfugiés politiques. Palme se veut exemplaire: il ouvre les bras aux dissidents et persécutés du monde entier.

Aux victimes des dictatures chilienne, argentine, brésilienne ou uruguayenne succèdent les réfugiés éthiopiens et somaliens de la guerre de l'Ogaden (1977-1978). Puis arrivent des Iraniens, des Irakiens et des Kurdes, fuyant la révolution islamique à Téhéran (1979) et la guerre Iran-Irak (1980-1988). Stockholm est d'ailleurs aujourd'hui la principale ville kurde du monde en dehors du Kurdistan. Les immigrants suivants sont d'origine balkanique: ils fuient les guerres de l'ex-Yougoslavie (années 1990). Plus récemment, les Afghans et, aujourd'hui, les Syriens, complètent le tableau."

Source : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/suede-pourquoi-les-banlieues-brulent_1251446.html