lundi 14 avril 2014

Les Kurdes à Evry (91)

"L'intensité des fêtes organisées à l'occasion de Newroz varie beaucoup selon les organisateurs. Celles du PKK peuvent réunir, en France, plusieurs milliers de personnes, alors que celles de Komkar n'en rassemblent que quelques centaines. En 1983 déjà, les associations représentant le PKK à Paris rassemblaient plus de 2 000 personnes. En 1996, 1997 et 1998 comme pour l'anniversaire des 20 ans du PKK en novembre 1998, la salle des fêtes d'Evry accueillait plus de 3 000 sympathisants du PKK pour des fêtes alternant les discours politiques, les chansons, les pièces théâtrales." (Isabelle Rigoni, "Les mobilisations des Kurdes en Europe", Revue européenne de migrations internationales, vol. 14, n° 3, p. 215, note 16)

"Ces bandes relèvent le plus souvent du mythe. On peut vivre des années aux Pyramides ou au Canal sans voir de bandes, parce qu'il n'y a rien de structuré. Ce qui existe, ce sont de petits groupes de copains, parfois liés par des activités clandestines : rackets, petits cambriolages ou vols à l'arraché, vente de haschich pour un dealer.

Nous avons connu, à Evry et dans les communes voisines, des heurts entre groupes de jeunes, parfois violents. Mais ils découlaient toujours d'un conflit entre deux personnes ou entre deux familles, qui débouchait, par le jeu des solidarités de quartier, sur une tension forte et durable entre jeunes de deux quartiers. Le conflit entre les jeunes des Aunettes et ceux du Canal, qui a fait un mort le 8 novembre 2000, Romuald, est issu, selon les jeunes eux-mêmes, d'une histoire de poisson pas frais rapporté d'Afrique par une famille d'un quartier à une famille parente de l'autre quartier. Cette cause initiale est manifestement de l'ordre du mythe. Le vrai ressort du drame, c'est que des deux côtés l'identité la plus ancrée de ces jeunes est le quartier, qui transcende les solidarités ethniques ou culturelles affaiblies. L'autre mort récent, Synan, jeune d'origine kurde tué le 9 mars 1998 à l'Agora dans un véritable guet-apens tendu par le frère d'un camarade de classe à la suite d'une affaire de racket, a provoqué un trimestre de véritable ambiance de guerre aux Pyramides, quartier de l'assassin. Personne n'osait y sortir après 20 heures de peur de voir arriver un commando de vengeurs des Tarterêts, quartier de la victime. On a dû mobiliser chaque jour plusieurs dizaines de policiers et de Crs pour bloquer une éventuelle intrusion, avant que le calme se rétablisse, après l'intervention des imams des deux quartiers, et des élus. Ces explosions sont si brutales et inattendues qu'elles surprennent toujours. J'ai essayé d'y trouver l'occasion d'ouvrir un dialogue. La mort de Synan (17 ans) m'a mis en contact avec la communauté kurde et a permis, après plusieurs semaines de discussions tendues sur la manière de saluer la mémoire du mort, ou pour expliquer les procédures judiciaires, d'y établir des relations positives. L'association des familles kurdes est devenue une partenaire de la mairie, avec confiance de part et d'autre." (Jacques Guyard, Evry, Ville nouvelle (1960-2003) : La troisième banlieue, Evry, Espaces Sud, 2003, p. 315)

"Les communauté dans l'Essonne.
91 ESSONNE :

- GRIGNY : Communauté Congo-Zaïroise, Antillaise,
Algerienne, Malienne et Sénégalaise en majorité.

- CORBEIL-ESSONNES : Communauté Tunisienne,
Sénégalaise et Malienne en majorité.

- EVRY : Communauté Malienne, Sénégalaise et Kurde en Majorité."

Source : http://grigny-wood.skyrock.com/3060523585-Les-communaute-dans-l-Essonne.html

Voir également : Villiers-le-Bel et Evry : des Kurdes provoquent des affrontements avec la police suite à l'arrestation de certains d'entre eux

L'opération policière d'Arnouville et Evry visait l'organisation terroriste PKK