lundi 3 juin 2013

Qui sont les victimes du PKK ?

Stéphane Yerasimos, "Turquie : les choix difficiles", Hérodote, n° 58-59, 3e-4e trimestre 1990, p. 123 :

"Ainsi aux attaques des militants kurdes, prioritairement recrutés chez les tribus traditionnellement hostiles à Ankara, celle-ci répondit en recrutant des milices d'autodéfense chez les tribus « fidèles », chargées de la « protection » des villages.

Depuis les premières attaques du PKK (le Parti des travailleurs du Kurdistan), le 15 août 1984 jusqu'à la fin du mois de juin 1990, on comptait 1 873 personnes tuées dans des opérations diverses. Parmi ceux-là figuraient 338 militaires turcs, 81 membres de la milice, 706 militants du PKK et 632 femmes et enfants, tués lors des attaques des villages par les militants, notamment à cause de leur appartenance à la même famille ou tribu que les miliciens. Si les observateurs notent que le PKK s'est abstenu d'attaquer les objectifs militaires américains dans la région, cette remarque est presque aussi vraie en ce qui concerne les objectifs militaires et civils turcs. La seule attaque atypique qui défraya la chronique en mars 1990 fut l'assassinat par les militants du PKK de 9 ingénieurs turcs travaillant dans les mines d'Ergani, tandis qu'une autre action fut l'assassinat des instituteurs turcs des villages kurdes, accompagné de l'incendie des écoles, pour empêcher l'enseignement de la langue turque.

Pour le reste, les adversaires semblent jouer le jeu traditionnel du renversement des alliances obtenu par la terreur. Cela est particulièrement vrai pour le PKK, lequel, attaquant quasi exclusivement les villages kurdes où sont installés les « protecteurs », espère les faire basculer dans son camp en faisant la démonstration de l'inutilité de cette protection."

Voir également : La biographie du terroriste polpotiste Abdullah Öcalan

Le PKK et le trafic de drogue