mercredi 4 janvier 2012

Le racisme aryaniste des nationalistes kurdes

Jordi Tejel Gorgas, Le mouvement kurde de Turquie en exil : continuités et discontinuités du nationalisme kurde sous le mandat français en Syrie et au Liban (1925-1946), Berne, Peter Lang, 2007, p. 227-228 :

"Les dirigeants kurdes [Khoyboun] et arméniens [Dachnak] tentent par ailleurs de convaincre le gouvernement iranien de soutenir la cause kurdo-arménienne au nom de la fraternité aryenne. Les plus grands défenseurs de cette « fraternité aryenne » sont les frères Bedir Khan, du côté kurde, et Roupen Ter Minassian, du côté arménien. L'idée d'une origine commune entre Kurdes et Arméniens n'était pas nouvelle. De même, l'idée de l'origine aryenne des Kurdes avait déjà été émise auparavant. En revanche, le projet d'union politique kurdo-arménienne justifiée par la filiation aryenne commune est un élément idéologique nouveau. En effet, l'objectif final de ces intellectuels est la création d'une « Confédération aryenne » formée par Arméniens et Kurdes. Pour assurer la survie de cette union des membres de la famille aryenne, la Perse est invitée à présider cette confédération.

Le projet de « Confédération aryenne » n'est cependant pas défini dans les détails. En outre, les autorités iraniennes auraient fait allusion aux propositions de Djeladet Bedir Khan déclarant qu'elles étaient « intéressantes mais utopiques ». Le but stratégique de cette démarche commune est évident car le Tachnak et la Ligue Khoyboun cherchent l'appui d'une force étrangère pour aider les rebelles regroupés autour du mont Ararat. (...)

Malgré la rupture des relations avec le parti Tachnak, les frères Bedir Khan continuent à clamer l'origine aryenne des Kurdes, en opposition aux Turcs (« Mongoles » ou « Tartares ») dans les brochures de la Ligue Khoyboun comme dans les revues qu'ils éditent.
De même, dans la revue officielle du parti Tachnak, Roupen Ter Minassian défend l'union des peuples aryens comme un contrepoids au nationalisme turc avant même la conclusion de l'alliance avec le Khoyboun, ce qui met en évidence un certain engagement intellectuel avec cette idée."

Voir également : Ils sont prêts à se prostituer pour n'importe quelle puissance extérieure : le terrorisme kurde dans le jeu des puissances de l'Axe (Italie et Allemagne)

Irak, 1941 : les Kurdes, "troupes de choc"... au service de l'Axe

L'instrumentalisation de la "carte kurde" par la Perse de Reza Shah Pahlavi