mercredi 4 janvier 2012

Irak, 1941 : le soutien kurde au coup d'Etat pro-nazi et antisémite de Rachid Ali Gaylani

Edouard Sablier, "Les cinq Kurdistans", Revue de Paris, n° 6, juin 1959 :

"L'armée irakienne est intervenue à plusieurs reprises dans la vie du pays : chaque fois des officiers kurdes étaient au premier plan. En 1937, le général kurde Bekir Sidky, instaure sa dictature sur le pays. En 1941, c'est une brigade kurde qui appuiera le mouvement insurrectionnel de Rachid Ali ; en 1952, lorsque la rue se soulève à Bagdad, c'est l'armée qui écrase le mouvement : à sa tête, le général Mahmoud Salman, chef de l'Etat Major est kurde." (p. 128)

Benny Morris, Victimes : histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, Bruxelles, Complexe, 2003 :

"En avril 1941 à Bagdad, les militaires irakiens, emmenés par le Premier ministre destitué Rashid 'Ali al-Kilani, se soulevèrent avec l'appui des forces de l'Axe. La Grande-Bretagne traversait une période de malchance : de Libye où il était stationné, l'Afrikakorps du général Envin Rommel pouvait envahir la vallée du Nil à n'importe quel moment. Eclipsant le régime hachémite pro-britannique, Rashid 'Ali recouvra ses fonctions de Premier ministre et offrit à l'Allemagne des bases aériennes et d'autres infrastructures. Mais le Reich, qui économisait ses forces en vue de l'assaut prévu contre la Russie, n'envoya qu'une escadrille de chasse.

Des centaines d'exilés palestiniens appuyèrent la révolte, parmi lesquels al-Husseini, qui semble avoir bénéficié du soutien financier du gouvernement irakien et de celui de Berlin. Dès que Bagdad fut tombée aux mains des rebelles, il lança une fatwa (décret religieux), appelant à la radio tous les musulmans à prendre part au djihad contre la Grande-Bretagne. Mais à part quelques émeutes en Syrie, il ne parvint pas réellement à embraser le reste du Levant. La réaction des Britanniques ne se fit pas attendre ; le pétrole et d'importantes voies de ravitaillement étaient en jeu. Le 18 avril, ils débarquèrent des troupes à Basra et marchèrent sur Bagdad. En même temps, une force mixte composée de légionnaires arabes et de troupes britanniques emprunta la voie terrestre au départ de la Transjordanie. Le 29 mai, la campagne avait pris fin, mais d'importants pillages eurent encore lieu ainsi qu'un pogrom contre les Juifs de Bagdad, les 1er et 2 juin, au cours duquel 120 personnes furent massacrées par des gens du pays." (p. 185)

"La violence générale à l'encontre des Juifs, apparentée aux pogroms qui se produisirent en Europe occidentale à la fin du Moyen Age ou en Europe orientale au cours des XIXe et XXe siècles, n'était pas répandue dans le monde musulman. Cependant, elle y survint quelquefois, généralement lorsqu'un Juif qui avait atteint une position élevée dans l'administration tombait en disgrâce, mourait ou attisait l'hostilité de musulmans envieux. En 1066, près de trois mille Juifs furent massacrés à Grenade, en Espagne. En 1033, quelque six mille Juifs furent assassinés à Fès, au Maroc, et les massacres recommencèrent en 1276 et 1465. En 1790, il s'en produisit encore au Maroc, à Tétouan ; en Perse, à Machhad et Barfurush, respectivement en 1839 et 1867 ; puis à Bagdad en 1828. En 1912, le quartier juif de Fès fut presque détruit par la foule arabe, et des bandes pro-nazies massacrèrent des dizaines de Juifs à Bagdad en 1941. A plusieurs reprises dans diverses régions du monde islamique, les communautés juives (contrairement aux dispositions de la dhimma) durent choisir entre la conversion ou la mort." (p. 24-25)

Voir également : Irak, 1941 : les Kurdes, "troupes de choc"... au service de l'Axe

Ils sont prêts à se prostituer pour n'importe quelle puissance extérieure : le terrorisme kurde dans le jeu des puissances de l'Axe (Italie et Allemagne)

Le racisme aryaniste des nationalistes kurdes