samedi 19 novembre 2011

Irak, 1941 : les Kurdes, "troupes de choc"... au service de l'Axe

L'Ouest-Eclair, 11 mai 1941 :

"LA GUERRE EN MÉSOPOTAMIE

Les Kurdes, troupes de choc de la petite armée irakienne

PARIS, 10 mai (de notre rédaction parisienne). — L'armée d'un pays habité par trois millions et demi d'âmes, pourra-t-elle tenir têtes aux troupes que l'Angleterre a déjà débarquées et aux autres qu'elle transporte en ce moment, des Indes dans l'Irak ?

Si l'on ne tient compte que du nombre, la partie engagée par le gouvernement de Bagdad contre Londres parait redoutable. L'armée irakienne était composée, hier encore, de 24 bataillons d'infanterie avec 12 batteries, un corps de méharistes, une compagnie de génie et deux autres motorisées.

Mais sans parler de l'aide que l'Irak peut recevoir du dehors par la voie aérienne, il faut mentionner à son actif un élément d'une qualité exceptionnelle : les Kurdes.


Il n'y a pas, dans le proche Orient, une population mieux entraînée à se battre. Le métier de soldat a perdu son prestige chez presque tous les peuples Arabes : il l'a gardé chez les Kurdes.

Leurs grands hommes étaient tous des guerriers : Saladin reste le plus célèbre. (...)

Déçus dans leur espoir de former un Etat indépendant avec leurs conationaux des pays voisins, les Kurdes habitant le Vilayet de Mossoul se trouvèrent, au lendemain de la guerre mondiale, englobés dans l'Etat, nouvellement créé, de l'Irak. Ils ne tardèrent pas à s'insurger ; et ils en furent punis par l'aviation britannique, faisant la police du pays pour le compte de Bagdad.

Après une dernière révolte en 1932, un accord intervint. Bagdad reconnut aux Kurdes de Mossoul différents droits : entre autres, l'usage de leur langue dans les écoles et devant les tribunaux.

En même temps, des fonctions leur étaient attribuées dans l'administration et des commandements dans l'armée.

L'Irak recueille, aujourd'hui, le fruit de cette politique : les Kurdes se battent farouchement contre les Anglais. La vengeance est, pour eux, une loi sacrée et ils n'ont pas oublié les bombes anglaises détruisant leurs tentes pittoresques ou leurs maisons en forme de ruches, noyées dans le désert mésopotamien...

A. GUISSAN."

Voir également : Ils sont prêts à se prostituer pour n'importe quelle puissance extérieure : le terrorisme kurde dans le jeu des puissances de l'Axe (Italie et Allemagne)