dimanche 27 novembre 2011

Alain Juppé contre le terrorisme du PKK

Alain Juppé, discours à Ankara, 18 novembre 2011 :

"Un autre sujet où notre coopération bilatérale est excellente et que je voudrais rapidement évoquer, c’est la lutte contre le terrorisme. La France est directement concernée par la menace terroriste. Je voudrais rappeler que c’est le pays européen qui a eu le plus, hélas, de prises d’otages au cours de la dernière période. Certains viennent d’être libérés au Yémen, d’autres sont encore prisonniers d’Al Qaïda au Maghreb islamique dans le Sahel, ou des Shebab en Somalie.

Nous sommes donc pleinement solidaires de l’action de la Turquie dans la lutte contre le terrorisme et nous soutenons ces efforts. Le déplacement, il y a quelques jours, de Claude Guéant, notre ministre de l’Intérieur, a été très positif : un accord de coopération sur la sécurité intérieure a été conclu et nous faisons tout notre possible pour lutter contre le terrorisme du PKK.

Je rappelais que plus d’une centaine de terroristes ou présumés tels ont été arrêtés en France depuis 2010. Notre détermination est donc tout à fait entière."

Source : https://pastel.diplomatie.gouv.fr/editorial/actual/ael2/bulletin.asp?liste=20111118.html

Voir également : La Turquie et la France signent un accord de coopération pour lutter contre le terrorisme kurde

samedi 19 novembre 2011

Irak, 1941 : les Kurdes, "troupes de choc"... au service de l'Axe

L'Ouest-Eclair, 11 mai 1941 :

"LA GUERRE EN MÉSOPOTAMIE

Les Kurdes, troupes de choc de la petite armée irakienne

PARIS, 10 mai (de notre rédaction parisienne). — L'armée d'un pays habité par trois millions et demi d'âmes, pourra-t-elle tenir têtes aux troupes que l'Angleterre a déjà débarquées et aux autres qu'elle transporte en ce moment, des Indes dans l'Irak ?

Si l'on ne tient compte que du nombre, la partie engagée par le gouvernement de Bagdad contre Londres parait redoutable. L'armée irakienne était composée, hier encore, de 24 bataillons d'infanterie avec 12 batteries, un corps de méharistes, une compagnie de génie et deux autres motorisées.

Mais sans parler de l'aide que l'Irak peut recevoir du dehors par la voie aérienne, il faut mentionner à son actif un élément d'une qualité exceptionnelle : les Kurdes.


Il n'y a pas, dans le proche Orient, une population mieux entraînée à se battre. Le métier de soldat a perdu son prestige chez presque tous les peuples Arabes : il l'a gardé chez les Kurdes.

Leurs grands hommes étaient tous des guerriers : Saladin reste le plus célèbre. (...)

Déçus dans leur espoir de former un Etat indépendant avec leurs conationaux des pays voisins, les Kurdes habitant le Vilayet de Mossoul se trouvèrent, au lendemain de la guerre mondiale, englobés dans l'Etat, nouvellement créé, de l'Irak. Ils ne tardèrent pas à s'insurger ; et ils en furent punis par l'aviation britannique, faisant la police du pays pour le compte de Bagdad.

Après une dernière révolte en 1932, un accord intervint. Bagdad reconnut aux Kurdes de Mossoul différents droits : entre autres, l'usage de leur langue dans les écoles et devant les tribunaux.

En même temps, des fonctions leur étaient attribuées dans l'administration et des commandements dans l'armée.

L'Irak recueille, aujourd'hui, le fruit de cette politique : les Kurdes se battent farouchement contre les Anglais. La vengeance est, pour eux, une loi sacrée et ils n'ont pas oublié les bombes anglaises détruisant leurs tentes pittoresques ou leurs maisons en forme de ruches, noyées dans le désert mésopotamien...

A. GUISSAN."

Voir également : Ils sont prêts à se prostituer pour n'importe quelle puissance extérieure : le terrorisme kurde dans le jeu des puissances de l'Axe (Italie et Allemagne)

samedi 12 novembre 2011

L'instrumentalisation de la "carte kurde" par la Perse de Reza Shah Pahlavi

Jordi Tejel Gorgas, Le mouvement kurde de Turquie en exil : continuités et discontinuités du nationalisme kurde sous le mandat français en Syrie et au Liban (1925-1946), Berne, Peter Lang, 2007, p. 253 :

"Le Kurdistan iranien était une zone de refuge traditionnel pour les Kurdes de Turquie lors des différents soulèvements contre le centre. De même, des chefs kurdes persans se réfugiaient en Turquie fuyant les troupes persanes. La perméabilité de la frontière turco-persane rendait possible cette dynamique qui, même tolérée par les gouvernements, ne manquait pas de susciter des conflits sporadiques entre les deux pays.

Lorsque les chefs de la tribu Djelali se réfugient dans les montagnes de l'Ararat, à cheval entre l'URSS, la Turquie et l'Iran, ils sont donc conscients des avantages géostratégiques de ce choix. En effet, les Turcs se heurtent à un obstacle majeur : la frontière turco-persane, telle qu'elle a été délimitée en 1914, passe par le Petit Ararat. Dès lors, les combattants kurdes peuvent attaquer les soldats turcs pour ensuite se rendre en Perse, hors de la juridiction du gouvernement turc et sous la protection de Téhéran ; d'autant plus que le gouvernement iranien, qui a réussi à maintenir un certain calme dans l'Azerbaïdjan occidental depuis la défaite de Simko Agha, ne veut pas compromettre les bons résultats de cette politique en recourant à la force contre les rebelles de l'Ararat dont beaucoup appartiennent à des tribus vivant en Perse.

Or, la constitution d'un seul foyer de résistance face au régime kémaliste dans la région de l'Ararat, rend les insurgés kurdes dépendants de l'attitude de la Perse. Celle-ci évolue d'une neutralité bienveillante à une collaboration de plus en plus étroite avec le gouvernement turc. En effet, Téhéran permet au Tachnak et au Khoyboun d'entrer en contact avec les insurgés de l'Ararat tout en demandant aux organisations tachnakis d'Azerbaïdjan de refuser de jouer le rôle d'agents de liaison entre les différents groupements kurdes d'Irak et de Perse. En outre, le gouvernement persan envoie plusieurs émissaires sur l'Ararat jusqu'en 1930. De la sorte, les relations diplomatiques entre la Turquie et l'Iran entrent dans une phase de conflit latent. Selon Nader Entessar, le Chah utilise à cette époque la carte kurde afin d'obliger le régime kémaliste à négocier quelques différends frontaliers entre les deux pays."

Voir également : L'oppression des Kurdes dans l'Iran du Shah

Ils sont prêts à se prostituer pour n'importe quelle puissance extérieure : le terrorisme kurde dans le jeu des puissances de l'Axe (Italie et Allemagne)