samedi 4 décembre 2010

La culpabilité des Assyro-Chaldéens dans la répression coloniale contre les Kurdes

Michel Klen, "L'échiquier irakien", Etudes, tome 399, juillet 2003 :

"La minorité chrétienne (environ 4 %) est surtout composée de catholiques chaldéens. Dans cette catégorie, les spécialistes reconnaissent, d’un côté, les fidèles qui sont sous l’autorité du patriarche de Babylone résidant à Bagdad et qui suivent le rite assyro-chaldéen proche des traditions orthodoxes, et, de l’autre, ceux qui sont rattachés à Rome et qui suivent le rite syriaque oriental. Ces Eglises se différencient par la façon de célébrer le culte et par la langue qu’elles utilisent. Ce groupe confessionnel constitue une minorité active dans le secteur économique. En revanche, son influence a été amoindrie dans le domaine politique pendant la dictature de Saddam Hussein. Seules quelques personnalités intégrées dans le parti Baas ont joué un rôle significatif. Parmi celles-ci, le chaldéen Tarek Aziz. Son entregent et sa parfaite connaissance de la langue anglaise avaient fait de lui le symbole présentable d’un régime odieux. Les chrétiens restent toutefois tourmentés par un douloureux contentieux de l’histoire : en juillet 1918, des centaines de chaldéens ont été enrôlés par les Britanniques comme supplétifs (Assyrian levies) pour mater des révoltes kurdes et arabes. Après la fin du mandat britannique et dans les premières années de l’indépendance de l’Irak (années 30), des centaines de ces chrétiens ont été massacrés."